30 mai 2026

Cerf de la forêt (1/2)

Comme de nombreuses brodeuses - rassurez-moi ! - je travaille toujours plusieurs ouvrages en même temps ; c'est un peu comme les livres !

Cette broderie - dont je ne sais toujours pas quoi faire ! - me rappelle amèrement la forêt où j'emmenai mon Filou lorsqu'il était encore vivant. J'ai perdu « mon amour de chien » en janvier 2026, c'est dire si ma mémoire est encore fraîche... 16 ans de vie commune, de joie et de partage, ça ne se gomme pas comme ça....

Il y a des présences qui ne quittent jamais vraiment les sentiers. Filou était de celles-là : un pas léger, une oreille qui frémissait au moindre souffle, une joie simple qui ouvrait la marche comme un rayon de soleil entre les branches. IL était ma joie de vivre !

Dans la forêt, il n’était pas un chien : il était un éclat de vie. Il connaissait les chemins mieux que personne, les flaques où se reflète le ciel, les odeurs qui racontent des histoires invisibles. Il avançait devant moi, sûr et heureux, comme s’il m’invitait à regarder le monde avec son regard clair.

Aujourd’hui, la forêt est plus silencieuse, mais elle n’est pas vide. À chaque mousse écrasée, à chaque brindille qui craque, quelque chose de lui revient — une trace douce, un souvenir qui remue comme une queue qui bat.

Et dans la grille du cerf que je brode, il y a un peu de lui aussi. Le cerf – en forêt de Sénart, ce sont des chevreuils fiers et majestueux - animal de noblesse et de passage, porte dans ses bois la mémoire de ceux qui ont aimé la forêt. Alors, quand je pose mon aiguille, c’est comme si je recousais un fil entre nous deux : un fil de fidélité, de lumière, de gratitude.

Filou n’est plus à mes côtés, mais il marche encore dans mes pas. Il est devenu ce souffle discret qui accompagne mes balades, ce battement de cœur dans les feuilles, ce compagnon invisible qui connaît toujours le chemin et qui ouvre désormais la voie à Odin, mon petit dernier de 8 ans : Odin le Bienheureux....