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22 juin 2025

Une soupe aux herbes sauvages de Emilie CARLES


 Catégorie 59 : Un livre dont la couverture est verte

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Voici un livre autobiographique comme je les aime tant ! Émilie CARLES, institutrice de métier, nous plonge dans sa vie et l'évolution de la société rurale française au début du XXe siècle. Le livre est un témoignage vivant de son enfance et de sa jeunesse à Val-des-Prés, petit village de la vallée de la Clarée, région montagnarde des Hautes-Alpes.

Issue d'une famille paysanne modeste, Émilie décrit avec force et authenticité les conditions de vie difficiles de l'époque : la rudesse du travail de la terre, la solidarité villageoise, l'importance de l'entraide, la frugalité du quotidien, symbolisée par cette fameuse « soupe aux herbes sauvages » qui nourrissait les familles. Elle dépeint un monde où la nature est omniprésente, à la fois généreuse et impitoyable. (lire la suite)

11 juin 2025

Les insolents de Ann SCOTT

Catégorie 44 : Un livre dont la couverture comporte un paysage marin

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« Les insolents » d'Ann Scott, lauréat du Prix Renaudot 2023, est un roman intime qui explore la quête de sens et la réinvention de soi à l'aube de la cinquantaine.

Ce n’est pas une autobiographie, mais le livre s’inspire très largement du vécu et des réflexions de l’auteure, notamment son propre choix de quitter Paris pour un exil en Bretagne.

L'histoire suit Alex, compositrice de musique de films, qui, à quarante-cinq ans, décide de quitter Paris et ses amis inséparables, Margot et Jacques. Fatiguée de l'agitation et de l'absurdité de la vie contemporaine, elle choisit de s'installer dans un coin du Finistère, au milieu de nulle part, espérant y trouver la solitude et le silence nécessaires pour se réinventer.

Ce déménagement radical marque un tournant pour Alex, qui doit faire face à une nouvelle réalité : un environnement isolé, une maison très rustique, et l'absence de la vie parisienne trépidante. Le roman explore ses réflexions sur la solitude, les rêves déçus, l'amitié, l'amour et la quête de soi.

Mais alors pourquoi avoir choisi ce titre « les insolents » ? Pour l’arrogance de la rupture radicale car Alex quitte sa vie parisienne confortable, sa carrière, ses amis inséparables – pour s'installer dans une solitude quasi-totale en Bretagne ; c’est une audace à emprunter un chemin non conventionnel pour trouver un sens à sa vie.

Le roman explore la crise de la cinquantaine, un moment où l’auteure est confrontée à ses rêves déçus et à la nécessité de se réinventer : refuser la fatalité du vieillissement et de la routine, chercher une nouvelle voie malgré les doutes et les peurs, c’est une belle insolence…

De plus, dans une société où l'hyper-connexion est la norme, choisir de s'isoler volontairement et de chercher le silence est un acte presque subversif. Alex s'expose à la solitude, s'y confronte – s’y pique quelquefois - et cette démarche est une forme d'insolence envers la pression à être constamment entouré et diverti.

Bien évidemment, si vous recherchez un livre d’action, passez votre chemin ; ce roman dépeint avec acuité les défis d’un exil volontaire, des interrogations existentielles, des introspections profondes sur la façon dont on peut se déraciner pour mieux se retrouver, en plongeant dans l'inconnu et en faisant le pari de la solitude et de la nature. Poser ses valises, faire une pause et réévaluer ses priorités peuvent être indispensables pour mieux avancer….

Ce livre incite fortement à la réflexion ; le personnage d'Alex nous confronte à des questions existentielles sur la solitude choisie ou subie, le besoin de se réinventer à un certain âge, et la quête de sens dans une vie qui peut sembler vide ou décevante. Il est également une critique de notre société contemporaine, avec ses absurdités, ses superficialités, nous poussant à nous interroger sur nos modes de vie, notre rapport aux autres et aux réseaux sociaux et bien évidemment à la valeur de l’on accorde à la réussite matérielle, et tout ceci dans une écriture précise mais percutante….

2 juin 2025

L'île des oubliés de Victoria Hislop

Catégorie 7 : Un roman dont les personnages appartiennent à trois générations d’une famille

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« L'île des oubliés » (The Island) de Victoria Hislop est un roman historique qui explore les secrets de famille et l'histoire tragique de la lèpre en Grèce, sur l'île de Spinalonga.

Le récit débute avec Alexis Fielding, une jeune Anglaise, déconnectée de ses origines maternelles et perturbée par le mutisme de sa mère, Sophia, concernant son passé en Crète. Pour tenter de comprendre ce silence et de dénouer les mystères familiaux, Alexis décide de voyager en Grèce, dans le village de Plaka, sur la côte nord de la Crète, d'où sa mère est originaire.

À Plaka, Alexis rencontre Fotini, une vieille amie de sa grand-mère. C'est Fotini qui va, petit à petit, lever le voile sur l'histoire douloureuse de la famille d'Alexis, une histoire intimement liée à l'île de Spinalonga, située juste en face de Plaka.

Spinalonga fut, de 1903 à 1957, une léproserie, une colonie où étaient déportés les malades de la lèpre afin de les isoler du reste de la population. Alexis apprend avec stupeur que son arrière-grand-mère, Eleni, a été touchée par la lèpre et a été contrainte de vivre sur cette île avec d'autres malades (lire la suite).

22 mai 2025

Le Serment des lampions de Ryan Andrews

Catégorie 54 : Un livre dont la couverture comporte l'image d'un enfant

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Le Serment des lampions de Ryan Andrews est un roman graphique qui plonge le lecteur dans une aventure initiatique onirique et fantastique.

L'histoire se déroule autour d'une tradition annuelle lors de l'équinoxe d'automne : les habitants d'un village lâchent des lampions sur la rivière, qui, selon la légende, s'envolent vers la Voie Lactée. Cette année, Ben et sa bande de copains décident d'aller jusqu'au bout pour découvrir où mènent réellement ces lampions. Ils prêtent un serment, avec deux règles strictes : ne pas faire demi-tour et ne jamais regarder en arrière.

Cependant, au fur et à mesure de leur périple à vélo le long de la rivière, les amis se défilent un par un, pour diverses raisons (une soirée tacos, la peur des punitions, la crainte des monstres, etc.). Ben se retrouve alors seul, accompagné de Nathaniel, un garçon étrange que le groupe n'appréciait pas particulièrement.

C'est à travers les yeux de Ben que nous vivons le périple et les découvertes puisqu’il est le plus déterminé du groupe. Nathaniel considéré comme « bizarre » par les autres sera le seul à accompagner Ben jusqu'au bout de l'aventure. Leur relation, d'abord tendue et méfiante, évolue en une amitié profonde au fil de leur voyage. Nathaniel est essentiel car il pousse Ben à voir au-delà des apparences et à remettre en question ses propres préjugés.

Leur voyage prend alors une tournure surnaturelle. Ben et Nathaniel, initialement très différents, vont devoir apprendre à se connaître et à s'entraider. Ils rencontrent des personnages extraordinaires et parfois extravagants, comme l’ours pêcheur ou la sorcière. Leur quête les mène dans des lieux inattendus et fantastiques, les confrontant à leurs peurs et à leurs appréhensions face au monde.

D’abord très sceptique sur ce genre de roman, j’ai été très vite entraînée dans cette histoire initiatique et touchante ; c’est le magnifique récit d’un voyage de découverte de soi et d'apprentissage, mais aussi les rêves, les espoirs et les aspirations. Le roman aborde la fin de l'enfance, l'acceptation de l'inconnu, le courage et la valeur de l'amitié véritable.

J’ai adoré cet univers onirique et fantastique ; on peut le lire comme une simple distraction avec un joli conte moderne ou bien comme une allégorie de la vie elle-même ; la quête de ces enfants représente la persévérance face aux obstacles, la capacité à embrasser l'incertitude et la découverte que la destination n'est pas toujours ce que l'on attendait….



2 mai 2025

Odette Froyard en trois façons de Isabelle MONNIN

Catégorie 46 : Un livre qu'on lit juste pour son auteur.rice

Il y a quelques années, j’avais lu le roman « les gens dans l’enveloppe » et j’avoue que j’avais particulièrement aimé le livre. Pour celui-ci, je suis beaucoup plus mitigée….

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« Odette Froyard en trois façons » d'Isabelle Monnin est un roman qui retrace la vie de la grand-mère de l'autrice, Odette Froyard. À travers une enquête mêlant souvenirs, recherches historiques et fiction, Isabelle Monnin explore l'existence d'une femme ordinaire qui a traversé des périodes marquantes du XXe siècle.

Odette est née pendant la Première Guerre mondiale à Gray, en Haute-Saône, et a grandi dans un mystérieux orphelinat franc-maçon à Paris dans les années 1930. Son parcours la mène jusqu'aux horreurs du nazisme, et son histoire est marquée par le silence et l'invisibilité qu'elle a adoptés comme identité. Monnin, en pleine introspection, décide de redonner vie à cette femme en apparence sans histoire, en reconstituant son passé à partir de (lire la suite).

24 avr. 2025

Ce que je sais de toi de Eric CHACOUR

Catégorie 6 : Un roman qui cite les paroles d'une chanson

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Le Caire, dans les années 1980. Tarek, un jeune médecin égyptien reprend le cabinet médical de son père et ouvre un dispensaire dans le quartier défavorisé de Moqattam. Son destin bien tracé – notable bourgeois marié - s’en trouve bouleversé lorsqu'il rencontre Ali, un jeune homme issu de ces faubourgs précaires. Leur relation interdite pousse Tarek à l'exil vers Montréal.

Le roman est présenté en trois parties inégales :

  • Toi (pages 1 à 176), avec une narration à la seconde personne du présent, quelque peu déstabilisante au départ, car le lecteur ne sait pas qui est le narrateur ; il n’apprend son identité qu’au fil des pages,

  • Moi (pages 177 à 290), explore l’identité de Tarek, ses choix de vie, son parcours en Égypte,

  • et Nous ( pages 291 à 300) aborde les conséquences de ses décisions, son exil au Québec, et la manière dont il reconstruit sa vie tout en restant marqué par son passé.

Ce roman est tout simplement sublime ; au détour des pages, on voyage en Orient avec ses palettes de couleurs et de sublimes parfums. L’air y est chargé d’épices : cannelle, cumin, cardamome... Tout y est sensualité et mystère, comme un rêve éveillé aux portes du désert.

L'auteur Éric Chacour nous entraîne dans une symphonie sensorielle et poétique ; il nous en ferait presque oublier le côté introspectif et dramatique du roman. Car, bien que le régime présidentiel soit marqué par une stabilité relative, des tensions croissantes avec des groupes islamistes commencent à émerger ; les lois sur la moralité publique sont utilisées pour cibler les comportements jugés « immoraux », tels que la prostitution et l’homosexualité. Et pour préserver l’intégrité de sa famille, Tarek est contraint de fuir.

Eric Chacour s’est inspiré de ses racines égyptiennes et québécoises pour écrire ce magnifique roman, avec respect et courage. Il a d’ailleurs reçu

  • le Prix Première Plume 2023, récompensant les premiers romans prometteurs

  • le Prix Femina des Lycéens 2023, décerné par des lycéens pour célébrer une œuvre marquante

  • le Prix des Cinq Continents de la Francophonie 2024, soulignant la diversité culturelle et éditoriale en langue française

  • le Prix des Libraires 2024, attribuée par plus de 900 libraires indépendants.

Ces prix témoignent de l'impact et de la qualité littéraire de ce premier roman. J’attends les autres….

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Pour en savoir plus :

(338) Helwa ya baladi حلوه يا بلدي لداليدا .. Tu es beau mon pays de Dalida traduite en français - YouTube

Comprendre la maladie – Huntington (Association Huntington France / AHF)

15 avr. 2025

Enfant de salaud de Sorj CHALANDON


Catégorie 52 : Un livre recommandé par un.e ami.e

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Quatrième de couverture : « Un jour, grand-père m’a dit que j’étais un enfant de salaud.

Oui, je suis un enfant de salaud. Mais pas à cause de tes guerres en désordre papa, de tes bottes allemandes, de ton orgueil, de cette folie qui t’a accompagné partout. Ce n’est pas ça un salaud. Ni à cause des rôles que tu as endossés : SS de pacotille, patriote d’occasion, résistant de composition, qui a sauvé des Français pour recueillir leurs applaudissements. La saloperie n’a aucun rapport avec la lâcheté ou la bravoure.

Non. Le salaud, c’est l’homme qui a jeté son fils dans la vie comme dans la boue. Sans trace, sans repère, sans lumière, sans la moindre vérité. Qui a traversé la guerre en refermant chaque porte derrière lui. Qui s’est fourvoyé dans tous les pièges en se croyant plus fort que tous : les nazis qui l’ont interrogé, les partisans qui l’ont soupçonné, les Américains, les policiers français, les juges professionnels, les jurés populaires. Qui les a étourdis de mots, de dates, de faits, en brouillant chaque piste. Qui a passé sa guerre puis sa paix, puis sa vie entière à tricher et à éviter les questions des autres. Puis les miennes.

Le salaud, c’est le père qui m’a trahi. » (lire la suite)


Animus de Jean-Baptiste FERRERO

 

Catégorie 43 : Un livre dont l'histoire contient un élément surnaturel

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Pierre Taillandier est un soldat gravement mutilé durant la Première Guerre mondiale. Après avoir été relégué dans un hôpital militaire à Berck, il découvre qu'il a acquis un pouvoir extraordinaire : celui de s'emparer du corps d'autrui. Ce don – des voyages extracorporels - qu'il utilise pour retrouver une forme de liberté, l'entraîne dans une quête complexe à travers des périodes sombres de l'Histoire.

L'histoire explore des dimensions fantastiques et mystérieuses, mais elle ne repose pas sur le concept classique de déplacement temporel ; elle nous plonge dans un univers mystérieux où des phénomènes inexplicables jouent un rôle clé dans l'intrigue. Ces aspects surnaturels enrichissent le récit en ajoutant une dimension intrigante.

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Le pouvoir de Pierre de s'approprier les corps d'autrui questionne ; au début du récit, le livre m’a dérangée et puis j’ai vite été happée par le désir d’en savoir plus ; certes le don de Pierre est extraordinaire, mais il est surtout une réalité à laquelle il doit s’adapter. Que va t-il faire cette « aptitude »….

Car « en se libérant de son corps, il avait, en quelque sorte, conquis une hauteur de vue lui permettant de distinguer plus clairement la Morale de la moralité, la Justice de la loi. » Son pouvoir soulève des dilemmes éthiques complexes : jusqu'où peut-on aller pour garantir sa survie ou accomplir ses objectifs ? Et quels objectifs, d’ailleurs ?

On peut très bien lire ce roman en se penchant uniquement sur ses « voyages » et n’y voir qu’un relaxant moment de détente, avec des éléments fantastiques et mystérieux ; ou bien on s’interroge….

Pierre recherche un but et une compréhension de sa place dans un monde bouleversé. En tant que soldat mutilé de 14-18, il incarne les cicatrices physiques et émotionnelles laissées par le conflit. Son pouvoir, né de cet événement tragique, devient une métaphore de la manière dont les individus cherchent à reconstruire leur vie après des bouleversements historiques. Parlerait-on d’une forme de résilience ?….

« Déchiqueté par les abeilles tueuses, il avait cru, très naïvement et très égoïstement que l’Univers était son débiteur éternel pour son corps et sa jeunesse. (…) Il avait pu mesurer l’immense précarité de tout ce que l’on croit acquis. »

Par ses expériences, Pierre sonde les corps, des corps souvent traumatisés, mesurant ainsi la diversité des trajectoires humaines face à la brutalité historique. Son pouvoir surnaturel l’amène à rencontrer des personnages en proie aux dilemmes moraux et aux choix difficiles auxquels ils sont confrontés.

« Le choix s’est révélé plus difficile que je ne l’avais pensé. Où placer la limite entre la bassesse ordinaire et le mal incarné ? Entre la simple et frustre brutalité de l’homme sans éducation et la fraude cruauté du pervers ? Et les circonstances? Le parcours de chacun ? Constituent-ils des excuses ou seulement des explications ? Quelle part de libre arbitre dans un acte et quelle part de déterminisme ?

Il est bien aisé de juger Pierre, Paul ou Jacques à l’emporte-pièce, à l’issue d’un repas bien arrosé, quand on sait que la seule sanction se limitera, pour celui-ci, à avoir eu les oreilles qui sifflent pendant quelques instants. Mais quand le juge devient bourreau et qu’il a le pouvoir, par la seule force de son esprit, d’infliger la mort sous les formes les plus extravagantes, humiliantes et ridicules, le verdict, alors, devient bien délicat à prononcer. »

Voici donc un livre bien intéressant à plus des égards ; ce n’est pas un livre de science-fiction, mais il est un « miroir » qui amplifie les luttes internes des personnages du roman.

La vie est souvent absurde, mais elle vaut la peine d’être vécue – clin d’oeil à la citation d’A. Malraux – d’être vécue éternellement… et pour quoi en faire ?

Je vous invite à lire ce merveilleux roman, empreint d’une noirceur certaine et d’un ton souvent décalé, mais à l’intrigue surprenante...

6 avr. 2025

Orphelins 88 de Sarah COHEN-SCALI


Catégorie 45 : Un livre dont le titre comporte un nombre

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Munich 1945, juste après la Seconde Guerre mondiale. Josh, un garçon de 12 ans qui a survécu aux camps de concentration, souffre d'amnésie ; il ne se souvient ni de son identité ni de son passé. Les Alliés l'envoient dans un orphelinat - Indersdorf - où il commence un voyage pour retrouver ses souvenirs et comprendre qui il est.

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Le livre explore des thèmes complexes du programme « Lebensborn » des nazis, visant à créer une « race aryenne parfaite », et les conséquences psychologiques de la guerre sur les enfants. Josh est confronté à des souvenirs fragmentés, (lire la suite)

Retour sur l'île de Viveca STEN

 

Catégorie 27 : Un livre dont le titre est écrit en jaune

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Il s'agit du sixième tome de la série mettant en scène l'inspecteur Thomas Andreasson et son amie Nora Linde ; l'histoire se déroule sur l'île de Sandhamn, où un cadavre - Jeanette Thiels - est découvert sur la plage après une tempête de neige.

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Jeanette Thiels était une célèbre correspondante de guerre, connue pour son franc-parler et ses interactions avec des personnalités influentes, notamment celles du parti xénophobe Nouvelle Suède. Ce personnage est entouré de mystères, de secrets et de tensions, et en particulier avec son ex-conjoint : alors, s’agit-il d’un crime politique ou d’une vengeance personnelle ?

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Français ou suédois, un polar reste un polar… et bien non. J’aime beaucoup les paysages suédois, froids, isolés, ajoutant une atmosphère mystérieuse et oppressante aux intrigues. Ces décors deviennent presque des personnages à part entière.

Les polars suédois abordent souvent des questions sociales et politiques, comme les inégalités, l'immigration ou les tensions culturelles, ce qui leur donne une profondeur supplémentaire.

Le style de Viveca Sten se caractérise par son habileté à mêler suspense, émotion et réalisme dans un cadre enchanteur, l'île de Sandhamn. L’auteure décrit avec précision les paysages nordiques – pour mon plus grand plaisir ! - ce qui immerge le lecteur dans l'atmosphère isolée et captivante de l'archipel de Stockholm. Le livre est facile à lire, alternant un rythme bien maîtrisé d’actions et de réflexions plus calmes.

Mais il faut ajouter que le récit ne se limite pas à une simple enquête criminelle ; il intègre des éléments sociaux non négligeables, souvent avec des retournements de situation qui gardent le lecteur en haleine.

Les défis personnels de Thomas Andreasson et de Nora Linde sont explorés tout en les impliquant dans l’enquête en cours ; ainsi, il est possible de lire les romans dans l’ordre qui nous convient, chaque enquête étant indépendante.

14 mars 2025

Glaise de Franck BOUYSSE

Catégorie 5 : Un roman que vous aimeriez voir adapté au cinéma

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1914, au cœur du Cantal. La terre est lourde, grasse de pluie et de sang à venir. Glaise, c’est cette matière première, brute et vivante, qui façonne les hommes autant qu’ils la façonnent. C’est la rudesse des jours, le silence des âmes et la violence sourde qui couve sous le ciel d’orage de la Grande Guerre.

Dans cette vallée reculée, trois fermes à l’avenir incertain.

Tout d’abord celle de La Vallette, un homme taiseux, tenu éloigné de la guerre à cause d’une invalidité à la main ; il est un fermier égoïste, alcoolique, aussi violent avec sa femme qu’avec ses voisins parce que la terre ne se partage pas, elle se défend, elle s’endure. Il est aussi laborieux que que plein de haine, prêt à en découdre à la moindre tension, et surtout, fier que son fils soit parti pour la guerre.

Puis la ferme du vieux Léonard et de sa femme, un paysan âgé, plein de sagesse et de bienveillance. Deux vieux qui renferment un lourd secret, qui les ronge de l’intérieur.

Et enfin, encore plus haut, les Lary (lire la suite)

3 mars 2025

Les assassins de l'aube de Michel BUSSI

Catégorie 23 : Un roman dans lequel il y a plusieurs scènes de crime

mais aurait tout aussi bien pu convenir pour la catégorie 5 : ce thriller n’a pas encore été adapté au cinéma, et je suis sûre qu’il serait une réussite !

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De nos jours, en Guadeloupe. Trois touristes sont retrouvés assassinés avec un harpon de plongée planté en plein cœur. Les meurtres, toujours commis à l'aube, sont accompagnés d'une mise en scène plutôt macabre mais bien orchestrée. Le commandant Valéric Kancel, « un chabin », « un Créole métissé viking, malheureux en Normandie et inadapté ici » récemment revenu après une carrière en métropole, est chargé de mener l’enquête.

Trois crimes vont donc embraser cette île paradisiaque au passé colonial encore présent :

  • un premier crime sur les Marches des Esclaves

  • un second crime près de la cascade Parabole et l’acomat boucan géant

  • et le dernier sur la plage de la Perle.

«  il n’y a toujours qu’une vérité, Valéric. Ceux qui affirment le contraire sont ceux qui ont le pouvoir de manipuler la réalité. Les puissants, les maîtres, les anciens et nouveaux colonisateurs. Mentir, c’est asservir. »

Un vieux sorcier antillais « l'Oeil noir » ajoute une dimension ésotérique à l'intrigue par son rôle mystique de prédiction des crimes et sa connaissance des traditions locales ; avec un style qui lui est propre, l’auteur explore habilement les thèmes sociaux et historiques, comme l’esclavagisme, l'identité et les racines culturelles, au sein d’une nature paradisiaque.

Si les personnages du livre sont confrontés à leur propre histoire, le chargé de l'enquête, le Commandant Kancel, doit lui aussi jongler avec ses propres démons intérieurs et ses secrets.

« Son père savait si bien mentir. Les adultes savent si bien mentir aux enfants, transformer la vérité, embellir la réalité, cacher leurs défauts. Si les adultes se font passer pour des héros, ce n’est pas pour protéger les enfants, c’est parce qu’ils ne peuvent pas leur avouer qu’ils sont des salauds

Je me suis laissée emportée par les interactions et les rebondissements de ce thriller qui, pour ne rien vous cacher, invitent à la réflexion sur une société guadeloupéenne humiliée.

Si l’abolition officielle de l’esclavage en 1848 en Guadeloupe a marqué une étape fondamentale dans l’histoire de l’île, si les chaînes ont été brisées sur le papier, certaines réalités sociales, économiques et culturelles continuent de porter l’empreinte de cette période douloureuse. Et l’auteur y fait souvent référence dans son récit….

L’héritage du système esclavagiste se manifeste encore aujourd’hui sous diverses formes : précarité persistante de certaines classes sociales, transmission limitée des mémoires familiales, silences pesants sur cette partie de l’histoire qui jamais ne s’effacera. Ces tabous, souvent ancrés dans les mentalités, rendent parfois difficile un véritable travail de mémoire et de reconnaissance des souffrances passées. De toutes les souffrances.

Car la justice a ses limites et la vengeance a des conséquences dévastatrices.

Briser ces tabous, c’est reconnaître que l’histoire ne s’efface pas d’un trait de plume.

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Pour en savoir plus :

Petit Canal - Marches des Esclaves - Horizon Guadeloupe

GuadeloupeKarukera Le Code Noir

L'histoire de la prison de Petit-Canal

13 févr. 2025

Peau de fesse de François FRAIN


Catégorie 11 : Le livre qui se trouve dans votre PAL depuis le plus longtemps

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Quatrième de couverture : « J’ai toujours su que ma mère mentait.

Bien sûr, toutes les mères mentent quand elles rêvent d'un enfant à naître. Elles se mentent, elles se racontent une belle histoire. C'est leur façon de le fabriquer, l'enfant.

Seulement vient un jour où le rêve de l'enfant, on le raconte aux autres, au mari ou à l'amant - et puis à l'enfant, qui demande : " Comment m'as-tu fait ? Pourquoi m'as-tu fait ? " L'enfant cherche sa vérité dans le rêve de sa mère. C'est là que commence le silence - ou le mensonge.

Ma mère à moi n'a jamais cessé de me mentir ; elle m'a toujours travesti son rêve. Elle a construit un château de cartes sur lequel elle a cru que je bâtirais ma vie. Ou bien elle s'en moquait, de moi. Tout ce qui comptait, c'était son rêve - son mensonge. »

J’avais ce livre depuis longtemps dans ma PAL (pile à lire) qui ne demandait qu’à être dévoré. Enfin, « dévoré » n’est pas le terme exact ; je suis arrivée très péniblement à la page 98 sans jamais accrochée à cette histoire.

« Peau de fesse » de François Frain est pourtant une œuvre qui aborde le thème des violences intra-familiales. Le récit suit les expériences et les réflexions d’un enfant devenu adulte, face à des situations de vie difficiles, des expériences de brimades, des comportements insultants….

L'auteur aborde les impacts émotionnels et psychologiques de cette violence de manière peu approfondie ; certes, le thème est traité avec une grande sensibilité – notamment celle d’un petit enfant - mais le style est trop simpliste à mon goût. Les violences sont décrites au travers de situations et d’interactions qui ne manqueront pas, à long terme, d’avoir des conséquences sur le devenir de la petite victime.

Tout n’est que rage, pleurs et impuissance. L’auteur décrit des situations insupportables dont le lecteur ne sait que faire… C’est fort dommage, car il y avait matière à écrire un beau texte : le résultat n’est pas à la hauteur de mes attentes.


3 févr. 2025

Je tape la manche de Jean-Marie ROUGHOL


Catégorie 2 : Un livre qui parle de votre plus grande phobie

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Co-écrit par Jean-Marie Roughol et Jean-Louis Debré, ce livre est un témoignage poignant sur la vie de Jean-Marie Roughol, un homme qui a passé de trop nombreuses années dans la rue.

Le récit commence par une rencontre fortuite entre Jean-Marie Roughol et Jean-Louis Debré, alors que Roughol mendie pour survivre. De cette rencontre naît une relation de confiance, et avec l'aide de Debré, Roughol accepte de partager son histoire. Le livre décrit ses défis et ses expériences, offrant un regard sans filtre sur la vie des sans-abris et les difficultés qu'ils rencontrent au quotidien.

Jean-Marie Roughol partage une vision brute – sans langue de bois - et réaliste de la vie dans la rue, loin des stéréotypes ; ce livre permet de mieux comprendre le quotidien des personnes sans-abri : les clodos dans le métro, les toxicos dans les squatts, les bagarres de rue, les vols entre SDF, l’extrême violence…. Mais aussi les copains et la mort : des copains morts de froid, de solitude, d’une crise cardiaque ou tout simplement disparus….

S’il rend hommage aux bénévoles des Restos du Coeur, il n’est, par contre, pas très tendre avec les « bleus » du CASH (Centre d'accueil et de soins hospitaliers) de Nanterre :

« J’avais rencontré l’enfer et perdu toute dignité. Nous étions traités comme des animaux nuisibles. »

Le livre suscite une réflexion sur les causes de la pauvreté et de l'exclusion sociale. Il pose des questions sur notre société et sur la manière dont nous traitons les plus vulnérables. Les SDF sont souvent dénigrés et traités de « grosses merdes qui trainent sur le trottoir » ou de « fainéants » alors que le quotidien d’un SDF est de savoir où il va dormir le soir, ce qu’il va pouvoir manger – et où trouver la nourriture – où se laver, comment faire ses besoins, et surtout, préserver le peu qui lui appartient….

« La nuit dans la rue, c’est la loi de la jungle, le jour la règle c’est chacun pour soi, chacun son trottoir et même chacun sa rue. La nuit c’est pire. »

Malgré les épreuves, Jean-Marie Roughol montre une grande résilience et une volonté de s'en sortir. Des anecdotes personnelles et des expériences vécues nous montrent que la vie n’a pas toujours été très tendre avec lui. Qu’il est difficile de se relever lorsque l’on est tombé aussi bas.

Dépouillé de complexités littéraires, son discours est accessible à un large public ; son langage direct, parfois cru, peut quelquefois choqué, mais il est celui d’un homme qui a fait peu d’étude, certes, mais qui cependant est capable d’émotions brutes, que ce soit la tristesse, la colère, ou l'espoir.

« La rue c’est comme la jungle, pas d’avenir pour les faibles, les frileux ou les peureux. Si tu ne résistes pas et ne montres pas que tu es prêt à cogner, les nouveaux n’hésitent pas à te tabasser et à te piquer ta cagnotte. Il est alors trop tard pour geindre. »

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Sortir de la rue après avoir été un enfant délaissé est un défi immense, car la précarité n’est pas seulement physique, elle est aussi émotionnelle. Laissé pour compte dès l’enfance, Jean-Marie Roughol a été privé de sécurité affective, d’un cadre stable et d’un environnement nourrissant.

Dans la rue, sa survie devient une priorité, et les mécanismes de défense s’installent. L’instinct de protection face à un monde hostile prend le dessus, parfois au détriment de toute tentative de réinsertion. La confiance en soi - en les autres et en l’avenir – est alors sérieusement ébranlée, rendant difficile l’acceptation de l’aide ou la volonté de croire en des solutions durables.

En tant qu'assistante sociale retraitée, j'ai eu l'opportunité de rencontrer des personnes vivant des situations de grande précarité, et ces expériences ont profondément marqué ma perception du monde. Ce qui m’a toujours frappée, c’est la résilience de ces individus face à des conditions de vie extrêmes, mais aussi la souffrance invisible qui accompagne leur vie de tous les jours. Sous le vernis de cette « pauvreté », j’ai souvent rencontré des gens, sensibles, vulnérables, blessés, des gens comme vous et moi.

Mon rôle était alors de fournir un soutien moral et logistique, mais malgré tous les efforts, il me restait un sentiment d’impuissance face à la dureté de la réalité. La vie dans la rue est une épreuve à la fois physique et psychologique, un combat constant pour la survie qui érode la dignité et parfois, l’espoir. Demander de l’aide n’est pas à la portée de tous.

Les services sociaux sont souvent peu adaptés aux spécificités de ceux qui ont grandi dans la grande précarité ou l’isolement, car le chemin vers la réinsertion passe par une longue période de reconstruction personnelle, nécessitant à la fois des ressources matérielles, une grande force intérieure et beaucoup de temps ; il est regrettable de constater qu’aujourd’hui, par exemple, un travailleur social ne peut consacrer plus de 30 minutes d’entretien par personne pour expliquer un parcours de vie, pour en extraire la substance, sans jugement, et trouver une solution durable, ensemble...

« La rue, c’est mon univers. Je j’ai ancrée au plus profond de moi. Malgré les difficultés, l’incompréhension, je m’y sens bien, plus l’hiver que l’été. »

Les témoignages de ceux qui ont vécu dans la rue me touchent profondément. Ils me rappellent à quel point il est difficile de sortir de cette spirale infernale, de reconstruire une vie stable quand on a été fragilisé par des années de lutte pour la survie, de solitude et d’indifférence. Car vous l’avez bien compris, ma plus grande peur est de perdre mon toit…..

La rencontre entre Roughol et Debré montre comment un simple acte de bonté peut transformer une vie. C'est un appel à la compassion et à l'engagement envers les autres. En découvrant l'histoire de Jean-Marie Roughol, les lecteurs peuvent mieux comprendre les parcours individuels qui chavirent dans la précarité, et développer plus d'empathie et surtout de compréhension.

De grâce, lorsque vous croisez un SDF dans la rue, même si vous ne souhaitez pas lui donner une pièce – on ne peut pas aider tout le monde et pourquoi lui plus qu’un autre ! – ne détournez pas le regard : dîtes-lui simplement « bonjour » pour qu’il ne se sente pas « invisible »….

31 janv. 2025

La petite couturière du Titanic de Kate ALCOTT

Catégorie 10 : Un livre dont le titre contient toutes les voyelles

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Quatrième de couverture : « Avril 1912. Tess Collins, une jeune servante anglaise, est venue à Cherbourg vivre de sa passion, la couture. Hélas, la maison qui l'emploie la traite comme une domestique. Lorsqu'elle apprend qu'un paquebot se dirigeant vers les Etats-Unis va faire escale à Cherbourg, elle décide d'embarquer pour tenter l'aventure. À bord du Titanic, elle fait connaissance de Lucy Duff Gordon, célébrité de la haute couture anglaise, qui s'apprête à présenter sa nouvelle collection à New York. Sa femme de chambre lui ayant fait faux bond, elle décide d'employer Tess. En première classe du navire, Tess découvre un monde fastueux. Elle fait la rencontre de deux hommes, Jim, un marin, et Jack, un self-made-man américain. Mais, tandis qu'un triangle amoureux s'installe, le paquebot, sans que ses occupants s'en doutent, fonce vers un iceberg... Réchappant à la catastrophe, Tess découvre que sa maîtresse a embarqué à bord d'un autre canot de sauvetage. Mais celle-ci a-t-elle survécu aux dépens d'autres passagers ? Elle se trouve bientôt face à un dilemme : rester fidèle à sa maîtresse ou dire ce qu'elle a découvert des circonstances du drame ? » 

Outre la petite histoire d’amour du triangle amoureux, ce livre est intéressant car il s’inspire de faits réels autour du tragique naufrage du Titanic, un événement marquant de l'histoire. Les trois quart du livre se concentre sur la commission d’enquête menée par le Sénateur Smith à la recherche des circonstances du drame. Il mélange (lire la suite)

19 janv. 2025

Les choses humaines de Karine TUIL


Catégorie 15 : Un roman récompensé par le prix Goncourt des lycéens

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Quatrième de couverture : « Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements politiques. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale. »

La première partie du livre présente les personnages, avec leurs histoires, leurs complexités respectives, un vécu riche qui offre un cadre narratif pour l’exploration des questions sociales et éthiques contemporaines :

  • Alexandre Farel : élève brillant à Stanford, personnage complexe et central, brillant, ambitieux ; sa vie bascule lorsqu'il est accusé de viol après une fête ; cette accusation met à l'épreuve ses relations familiales et sociales, et expose les dynamiques de pouvoir et de privilège qui entourent sa vie ; la question de sa culpabilité ou de son innocence reste un point central de l'intrigue, invitant le lecteur à réfléchir sur les notions de justice et de vérité,

  • Jean Farel : le père d'Alexandre, un journaliste renommé, figure publique influente, dont la carrière et l’image publique sont affectées par les accusations portées contre son fils ; homme charismatique et sûr de lui, les événements qui touchent sa famille vont révéler ses vulnérabilités et ses contradictions,

  • Claire Farel : la mère d'Alexandre, une intellectuelle féministe engagée, auteure, en plein conflit entre sa carrière, ses convictions et la défense de son fils ; figure particulièrement marquante, elle est déchirée entre sa loyauté envers son enfant et ses convictions profondes en matière de justice et d'égalité des sexes ; la tension entre ses croyances et la réalité de sa situation familiale ajoute une profondeur supplémentaire à son personnage,

  • Mila : la victime présumée du viol, une jeune femme d'origine modeste ; son témoignage et son parcours sont au cœur du procès et des débats moraux du livre ; Mila apporte une perspective différente par rapport à celle des autres personnages, notamment en termes de classe sociale et de privilèges ; elle représente la voix des victimes et soulève des questions cruciales sur la crédibilité, la justice, et les préjugés auxquels les victimes de viol sont confrontées ; sa détermination et son courage face à une situation extrêmement difficile sont des aspects importants de son personnage ; sa mère joue également un rôle en raison de ses relations familiales complexes et de son passé,

  • Adam Wizman : le compagnon de Claire, professeur de français dans une école de confession juive, se trouve impliqué à la fois personnellement et professionnellement dans le drame qui touche la famille Farel ; il joue un rôle important dans le contexte familial et juridique dont les interactions avec Claire ajoutent une dimension supplémentaire à l'intrigue ; sa relation avec la mère d’Alexandre est marquée par la loyauté et le soutien, mais aussi par les tensions et les dilemmes que la situation engendre.

La seconde partie est celle du procès ; elle est à mon sens la plus importante, car elle aborde des thèmes complexes comme le consentement, la justice, et les dynamiques de pouvoir à travers l'histoire d'un jeune homme accusé de viol après une fête bien arrosée. C’est un moment clé de l'histoire, décrit avec une grande intensité. L'atmosphère du tribunal est tendue. Le procès est médiatisé, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur les personnages.

L’auteure, Karine Tuil, décrit le procès avec une grande finesse, mettant en lumière les aspects humains et juridiques de l'affaire. Le lecteur est ainsi invité à réfléchir sur des questions complexes de vérité, de justice et de responsabilité.

Les accusés et les témoins sont émouvants et révèlent des détails essentiels sur la nuit fatidique ; les arguments des avocats sont présentés avec passion ; ils utilisent des preuves matérielles, des témoignages et des expertises médicales pour soutenir leurs positions ; chaque avocat cherche à influencer le jury et les juges en mettant en avant les aspects juridiques et émotionnels de l'affaire.

Les interrogatoires d’Alexandre et de Mila sont détaillés ; ils révèlent non seulement les faits de l'affaire, mais aussi les personnalités et les motivations des protagonistes.

Les réseaux sociaux et les associations jouent également un rôle significatif dans l'intrigue et influencent fortement le déroulement des événements.

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Le roman explore les complexités de la justice et de la vérité, notamment à travers le procès d'Alexandre. Il nous invite à nous interroger sur notre propre perception de ces concepts et sur les biais qui peuvent influencer notre jugement. Le thème central du viol et du consentement est traité avec une grande finesse. Le livre nous fait réfléchir sur les nuances et les implications du consentement dans les relations humaines.

À travers le personnage de Mila, ce roman nous sensibilise aux défis et aux obstacles que rencontrent les victimes de violences sexuelles, ainsi qu'à l'importance de les écouter et de les soutenir.

C'est une lecture que j’ai beaucoup appréciée et qui ne laisse pas indifférent ; elle continue de résonner longtemps après avoir tourné la dernière page...