5 juil. 2026

Rapport W de Gaétan NOCQ

Catégorie 1 : un livre graphique

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Ce roman graphique retrace l’histoire vraie de Witold Pilecki, officier de cavalerie polonais et membre de l’armée secrète. En septembre 1940, Pilecki prend une décision extraordinaire : se faire volontairement arrêter lors d’une rafle afin d’être envoyé au camp d’Auschwitz. Sous l’identité de Tomasz Serafinski, il a pour mission d’infiltrer le camp, d’y organiser un réseau de résistance et de transmettre aux Alliés des informations sur les atrocités qui s’y déroulent.

Pendant près de 947 jours, Pilecki observe, documente et rapporte la vie quotidienne du camp : les conditions inhumaines, les exécutions, la montée progressive de la machine d’extermination. Ses rapports, envoyés clandestinement, constituent l’un des premiers témoignages détaillés sur Auschwitz et sur la Shoah. Malgré ses alertes, aucune intervention extérieure n’aura lieu (lire la suite)

Différence entre BD et roman graphique

On les oppose souvent, comme si la BD relevait du divertissement populaire tandis que le roman graphique serait réservé à une élite « intello ». Pourtant, cette distinction est largement artificielle : BD et romans graphiques ont chacun leur place dans le paysage littéraire et peuvent toucher tous les publics. 

Même si les deux utilisent texte et image, les sources montrent qu’ils se distinguent par le format, le ton, la longueur, et l’ambition littéraire.

Ensemble, BD et roman graphique partagent le même langage visuel, mais diffèrent par l’intention narrative et la profondeur du propos ; alors, divertissement immédiat ou réflexion artistique ? Je répondrai : « les deux, mon capitaine ! »

Lorsque l’on aime lire, aucune limite….. Peu importe la forme, pourvu qu’il y ait l’ivresse !

Parthenia de Pauline GONTHIER

Catégorie 72 : Un livre issu d’un podcast ou d’une émission

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J’aime broder « utile » et notamment en écoutant des podcasts sur des thèmes d’actualité ; j’ai par exemple écouté « Masculinisme : guerre idéologique ou guerre des sexes ? » où le nom de l’auteur Pauline GONTHIER était cité.

J’ai donc voulu aller plus loin et me suis attaquée au roman contemporain – percutant – de Parthenia, ayant entendu que l’auteur s’était fortement documentée pour écrire son livre.

Le roman croise les destins de deux personnages que tout oppose dans le monde réel, mais qui se retrouvent connectés par le même univers virtuel.

BAPTISTE, un jeune homme à la dérive

Détruit par une rupture amoureuse récente, sans emploi et menacé d'expulsion par son père, il passe ses journées et ses nuits enfermé dans sa chambre. Il plonge progressivement dans la « manosphère », ces forums en ligne de conseils en séduction qui basculent rapidement dans la haine misogyne et le ressentiment anti-femmes.

LEA, une jeune femme d'origine immigrée et lesbienne

Elle travaille comme attachée parlementaire au cœur d'une équipe de campagne politique d'extrême droite menée par un leader populiste nommé Bourgel, adepte des déclarations chocs et réactionnaires. Léa s'épuise à corps perdu dans ce travail pour propulser la carrière de son patron, malgré les contradictions de son propre profil dans ce milieu.

Le pont virtuel : Parthenia

Seul point commun entre Baptiste et Léa, Parthenia est un jeu vidéo de simulation en ligne très populaire, prenant la forme d'une cité gréco-romaine idéale. Dans ce monde virtuel, les joueurs gèrent une société basée sur la discipline, le sens du devoir, la virilité antique et l'esprit de communauté.

Pour Léa comme pour Baptiste, ce jeu est un exutoire, une soupape de sécurité face à la violence de leur quotidien.

De l'écran à la réalité

L'enjeu central du roman réside dans la porosité entre le virtuel et le politique. Le livre décortique avec précision comment la solitude et le rejet amoureux peuvent mener à une radicalisation sexiste et misogyne sur internet.

Parthénia est un roman noir – très noir mais lucide - sur la « guerre des sexes » et le malaise civilisationnel à l'ère du numérique, montrant comment le divertissement virtuel peut devenir le bras armé d'une dérive démocratique bien réelle.

Cependant, malgré ses qualités littéraires, je n’ai pas apprécié ce livre. L’univers qu’il dépeint, marqué par une vision profondément hostile aux femmes, m’a paru trop violent et trop éloigné de mes convictions. Je défends une conception de l’égalité où les femmes et les hommes avancent côte à côte, sans hiérarchie ni domination. La représentation proposée dans Parthénia s’inscrit à l’opposé de cette perspective, ce qui a rendu ma lecture difficile et souvent plus que pénible.

Il semble que mon esprit ne soit pas tout à fait calibré pour goûter pleinement à ce genre de lecture.

Un léopard sur le garrot de Jean-Christophe RUFFIN

Catégorie 79 : Titre qui contient le nom d’un animal superprédateur réel

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Sous-titré « Chroniques d'un médecin nomade » et publié en 2008, ce livre un récit autobiographique. L'auteur, connu pour sa triple casquette de médecin, d'écrivain - Prix Goncourt 2001 pour « Rouge Brésil » - et de diplomate – ambassadeur au Sénégal - y retrace son parcours de vie en utilisant la médecine comme fil conducteur.

Le titre est emprunté à un poème de Léopold Sédar Senghor (Éthiopiques), évoquant cette force invisible, cette tension intérieure, qui pousse l'auteur à avancer sans cesse, « au grand galop ».

De la naissance d'une vocation en passant par les études et la désillusion hospitalière, l’auteur n’arrive que très tardivement à l’aventure humanitaire : pionnier à Médecins Sans Frontières et ancien président d’Action contre la Faim.

Je ne m’attarderai pas sur un livre plus que décevant : je m’attendais à une plongée brute au coeur de l’action humanitaire avec ses drames, ses sauvetages et son quotidien de terrain.

A mon grand regret, il flirte trop souvent sur l'envers du décor du pouvoir, les arbitrages complexes et la froideur des administrations : ce n’est pas ce que j’en attendais…..

Nous qui avons connu Solange de Marie VAREILLES

Publié en mars 2026 et lauréat du Prix Maison de la Presse 2026), ce livre une grande fresque familiale et un roman historique poignant qui s'étend sur près d'un siècle. Abandonnant les comédies de ses débuts, l'autrice signe ici un drame psychologique et féministe intense, construit comme un roman à énigme.

« Je déroule la pelote de ma mémoire sans voir encore les fils qui se trouvent en plein centre, recouverts par d’autres souvenirs, plus vifs ou plus récents. Je tire un petit fil et découvre qu’il est bien plus long qu’il n’y paraissait au premier abord. Parfois, je me demande si j’ai raison d’effectuer ce travail, si ce ne sont pas ces souvenirs et les remords qui les accompagnent forcément qui me tueront avant l’heure officielle. Ou peut-être ne fais-je tout cela que pour trouver des excuses à mon crime. Je ne sais pas. Mais tu dois apprendre la vérité avant ton grand départ, ma Biquette. Je ne crois pas que l’on puisse savoir où l’on va quand on n’a, comme toi, aucune idée d’où l’on vient. »

L'histoire s'ouvre sur une confession choc et mystérieuse par une lettre de Célestine, une vieille femme qui écrit à une personne surnommée "Biquette" :

« Le jour où je suis devenue une meurtrière, j’ai cessé d’aimer les mirabelles. »

À partir de cet aveu, le roman tisse des allers-retours dans le temps pour lier les destins de quatre femmes (lire la suite)

4 juil. 2026

Oxymort de Franck BOUYSSE

Catégorie 15 : Titre en un mot (hors nom propre)

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Ce livre est un huis clos psychologique étouffant et sombre, un roman noir, certes, mais que vous ne pouvez pas abandonner avant d’en connaître la fin.

Louis Forell, un jeune professeur de SVT se réveille enchaîné au sol en terre battue d'une cave humide, sans comprendre pourquoi il est là ni qui l’a enlevé. La chaîne qui le retient ne mesure que trois mètres, lui laissant à peine la longueur nécessaire pour effleurer la porte de sa prison. Ses seuls contacts avec l'extérieur se résument à un plateau-repas que son ravisseur lui glisse lorsqu'il dort.

Alors, pour ne pas sombrer dans la folie, il tente de reconstituer son passé, fouillant dans ses souvenirs pour trouver un indice qui pourrait expliquer sa situation et lui offrir une chance de survie. Son ravisseur, invisible, ne lui parle que par une petite trappe, lui transmettant des énigmes et jouant avec ses nerfs.

« Le petit prof n’était qu’un jouet. Et on pouvait perdre un jouet, ne jamais le retrouver. Sans compter que ça éviterait de s’en lasser, du jouet. On ne pouvait pas passer sa vie à jouer. Ça passerait, le manque. Ça ne serait bientôt plus qu’un souvenir, pas même mauvais, pas même bon. Un souvenir posé sur la même étagère que tous les autres. Un vulgaire jouet à démantibuler. Comme disait ce bon vieux Robert Duvall dans La nuit nous appartient, de James Gray : « Quand on pisse dans son froc, on n’a jamais chaud bien longtemps. » La rencontre avec le petit prof, comme un délicieux relâchement des sphincters. Sensation de chaleur. Passagère. La perte, c’était comme de se sentir mouillé, souillé. Souvenir d’enfance. Et après, ça séchait. »

La mécanique de survie : Explorer la mémoire

Pour ne pas sombrer dans la folie et repousser le désespoir, Louis n'a donc qu'une seule arme : sa mémoire. Privé de repères spatio-temporels, il décide de remonter le temps et d'analyser minutieusement les semaines qui ont précédé son enlèvement. Il cherche le « grain de sable » qui a fait basculer son quotidien dans cette horreur.

« Ce que je sais, c’est que je le sens se fermer. Le charme vient de se rompre. Je ne suis pas dans un bar avec Lilly. Je suis dans une tranchée puant le rance, la pisse, la merde et la pourriture des chairs. Je suis un soldat qui attend l’assaut de l’ennemi. Un soldat qui n’espère plus qu’une seule chose : sortir et s’exposer au feu. Même si l’espoir d’échapper aux balles est infime. Parce que tout vaut mieux que de rester enterré ici au fond de mon trou. La seule solution, rejoindre le Chemin des Dames, et frapper l’ennemi au hasard. »

Mais outre le thème de l’enfermement et de la privation de liberté – séquestration et déshumanisation – le roman aborde également l’isolement et la folie.

La solitude : l’isolement absolu

Mais de tous les thèmes abordés, celui qui me semble majoritaire est la solitude, qui attaque autant le corps que l’esprit.

La solitude physique est une privation sensorielle, une perte de la notion du temps ; Louis n’a plus que sa mémoire et ses pensées comme compagnons, mais ses souvenirs devenus refuges sont aussi des pièges et quelquefois des illusions.

La solitude mentale est ici une lutte : rester soi-même quand il n’y a plus rien pour nous rappeler qui nous sommes ; car même lorsqu’il reçoit des messages ou des énigmes de son ravisseur, Louis reste seul : seul à interpréter, seul à comprendre, seul à affronter la peur.

On pourrait même dire que son bourreau brille par une absence omniprésente, menaçante, renforçant encore davantage la notion de solitude.

Deux miroirs pour comprendre Louis

Suzanne, la collègue de Louis et Hubert, un employé ordinaire dans un cabinet d’assurance ne sont pas seulement deux personnages : ils sont deux pôles qui permettent de comprendre la complexité de Louis. Suzanne permet d’aborder la tendresse et la douceur, mais aussi la fragilité humaine, à travers ses propres failles et sa manière de percevoir Louis.

Hubert, quant à lui, apporte une autre tonalité : celle de la tension sociale et psychologique ; il incarne une ombre, un possible bourreau, ou du moins une figure qui nourrit les doutes….

L'oxymore pour marquer les esprits

D’après le Petit Robert, un oxymore est une figure de style qui consiste à associer deux mots de sens contraire : une douce violence, une obscure clarté, un silence assourdissant.

En associant deux mots qui n'auraient jamais dû se croiser, on crée un choc visuel et intellectuel.

Le roman met en scène un homme vivant dans un espace où tout évoque la mort ; Louis est bel et bien vivant, mais comme mort. Dans son enfermement, il cherche une forme de clarté - comprendre, se souvenir, trouver un sens - alors qu’il est plongé dans une obscurité totale. Il oscille entre une lucidité extrême – l’introspection - et une folie latente qui peut à tout moment le faire basculer dans l’isolement et la perte de repères. Sa seule échappatoire : fabriquer des stratégies pour ne pas s’effondrer.

Pour survivre, Louis doit se souvenir, mais ses souvenirs sont fragmentés, incertains, parfois trompeurs ; le passé éclaire mais obscurcit à la fois.

Pour conclure…..

« Oxymort » est un roman riche et puissant qui traite de la psychologie humaine en situation extrême, des zones d’ombre de la mémoire, des contradictions intérieures qui nous habitent. Mais la solitude y est un thème majeur, une expérience totale, physique, mentale et existentielle.

« Suzanne entre chez elle, repousse la porte du pied sans la verrouiller, pose son sac sur le canapé, s'assoit sans ôter son manteau. Puis elle attrape le paquet de copies sur lesquelles ont planché ses élèves. Le sujet du jour : « Est-ce qu'un silence peut être assourdissant ? » Avant de les laisser débuter la rédaction, Suzanne avait demandé si quelqu'un connaissait le terme pour désigner ce genre d'association antagoniste. C'était Muriel Gauthier qui avait répondu, la fille qui avait tenté de se suicider quelques jours auparavant : « Un oxymore... c'est comme ça que ça s'appelle, madame... un oxymore. »

la solitude du roman est contradictoire, oxymorique : elle détruit Louis mais elle le pousse aussi à se reconstruire intérieurement. Elle est à la fois mortifère et révélatrice, une solitude qui tue et qui éclaire. Elle structure tout le roman et donne au récit son atmosphère oppressante et introspective.

Un livre que l’on ne voudrait pas avoir lu et pourtant, un livre que l’on n’arrive pas à lâcher…..


30 mai 2026

Cerf de la forêt (1/2)

Comme de nombreuses brodeuses - rassurez-moi ! - je travaille toujours plusieurs ouvrages en même temps ; c'est un peu comme les livres !

Cette broderie - dont je ne sais toujours pas quoi faire ! - me rappelle amèrement la forêt où j'emmenai mon Filou lorsqu'il était encore vivant. J'ai perdu « mon amour de chien » en janvier 2026, c'est dire si ma mémoire est encore fraîche... 16 ans de vie commune, de joie et de partage, ça ne se gomme pas comme ça....

Il y a des présences qui ne quittent jamais vraiment les sentiers. Filou était de celles-là : un pas léger, une oreille qui frémissait au moindre souffle, une joie simple qui ouvrait la marche comme un rayon de soleil entre les branches. IL était ma joie de vivre !

Dans la forêt, il n’était pas un chien : il était un éclat de vie. Il connaissait les chemins mieux que personne, les flaques où se reflète le ciel, les odeurs qui racontent des histoires invisibles. Il avançait devant moi, sûr et heureux, comme s’il m’invitait à regarder le monde avec son regard clair.

Aujourd’hui, la forêt est plus silencieuse, mais elle n’est pas vide. À chaque mousse écrasée, à chaque brindille qui craque, quelque chose de lui revient — une trace douce, un souvenir qui remue comme une queue qui bat.

Et dans la grille du cerf que je brode, il y a un peu de lui aussi. Le cerf – en forêt de Sénart, ce sont des chevreuils fiers et majestueux - animal de noblesse et de passage, porte dans ses bois la mémoire de ceux qui ont aimé la forêt. Alors, quand je pose mon aiguille, c’est comme si je recousais un fil entre nous deux : un fil de fidélité, de lumière, de gratitude.

Filou n’est plus à mes côtés, mais il marche encore dans mes pas. Il est devenu ce souffle discret qui accompagne mes balades, ce battement de cœur dans les feuilles, ce compagnon invisible qui connaît toujours le chemin et qui ouvre désormais la voie à Odin, mon petit dernier de 8 ans : Odin le Bienheureux....



Bouquet à la rose


Voici mon premier article de SAL "Suffit" ..... Mon problème, c'est toujours les finitions : je suis heureuse de commencer et à mi-chemin de mon ouvrage, je commence à me demander comment je vais le finaliser. Et bien, celui-ci, il sera monter en sac sur un tote bag !

Avec une petite grille supplémentaire dans les 4 coins, trouvée sur Pinterest




24 mai 2026

SOS UFOs : découvrez le concept du SAL "Suffit" !

La blogueuse La tortue qui brode propose un nouveau SAL « Suffit », un concept d'entraide et de motivation pour venir à bout de ses projets de broderie inachevés.

Dans le jargon de la broderie, ces projets commencés et laissés de côté depuis des mois, voire des années, sont appelés des UFO (UnFinished Objects ou Objets Non Terminés) ou des en-cours.

Le principe repose sur plusieurs points clés :

  • Le jeu de mots (« Suffit / SAL ») : toutes les brodeuses ont un jour ou l’autre participé à un « Stitch-A-Long » , un projet où tout le monde brode le même modèle en même temps, par étapes ; ici, l'expression joue sur l'affirmation « Ça suffit ! » : on arrête d'accumuler sans finir, et on se retrousse les manches,

  • L'objectif « Zéro en-cours » (ou presque) : au lieu de débuter une nouvelle grille, chaque participant(e) choisit un (ou plusieurs) ouvrage(s) qui traîne(nt) au fond d'un placard avec la ferme intention de le(s) terminer - un par mois, c'est faisable !

  • Le « Finitionnage » : le projet englobe aussi les broderies dont les petites croix sont terminées, mais qui attendent d'être montées (en pochette, en coussinet, encadrées, etc.) ; pour ma part, c’est souvent cette partie qui fait défaut….

  • Le partage et la motivation collective : à travers des rendez-vous réguliers sur son blog - via des commentaires ou des articles dédiés - la communauté partage ses avancées, se motive mutuellement et montre le résultat final de ses sauvetages d'UFOs.

C'est une excellente formule pour vider ses stocks, libérer son esprit de la culpabilité des projets abandonnés, et redonner vie à de jolis ouvrages et.... à nos blogs !

Voici donc la liste de mes UFOs :

Tout est classé et rangé dans des dossiers, y plus qu'à.......
Ceci ne correspond qu'aux broderies, je ne parle même pas des projets couture et customisation !

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Alors bien évidemment, je suis dans l’aventure ! J’ai tellement de broderies non finalisées – voire même des projets non commencés ! – mes placards débordent et auraient bien besoin d’un bon nettoyage ; voilà l’occasion de bien vider mes tiroirs, pour mieux les remplir !

Et puis, ce concept tombe à pic : broder malin en période de crise, fallait y penser….

Dans un contexte économique difficile où l'inflation touche aussi nos loisirs, le budget dédié aux échevettes, aux toiles et aux nouvelles grilles est souvent le premier à être sacrifié. Pour beaucoup de brodeuses, l'achat de nouveaux kits n'est tout simplement plus une option.

C'est là que la magie de ce rendez-vous opère. Plutôt que de vivre cette situation comme une frustration, le SAL « Suffit » nous invite à poser un regard neuf sur nos propres placards. Il nous rappelle que nous possédons déjà des trésors oubliés : ces magnifiques projets commencés avec amour, puis délaissés, qui n'attendent qu'un peu de temps et d'attention pour prendre vie.

En période de crise, la solidarité de la communauté et le plaisir de faire du neuf avec de l'ancien prouvent que la créativité n'a pas besoin de se renouveler sans cesse pour nous rendre heureuses.

Une belle leçon d'optimisme, aiguille en main !

23 mai 2026

Zacharie Blondel, voleur de poules de Philippe CUISSET

Catégorie 4 : Joker (un livre également prêté par La Parentaise Enfantine)

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Voici un livre qui m’a bouleversée, que j’ai dévoré et dont j’ai recherché toutes les preuves de cette terrible narration.

Le roman retrace le destin tragique mais profondément humain de Charles Zacharie Blondel, un petit paysan normand du XIXᵉ siècle, ruiné, veuf et père de trois enfants. Pris dans la spirale de la misère, il commet de menus larcins — braconnage, vols de poules — qui lui valent plusieurs condamnations. Rien d’un criminel dangereux : juste un homme pauvre dans une société qui ne pardonne pas la précarité.

Lors de sa dernière arrestation, il est condamné non seulement à quelques mois de prison, mais surtout à la relégation, une mesure instaurée après la Commune de Paris pour « nettoyer » la métropole des populations jugées indésirables. Cette relégation l’envoie à l’île des Pins, en Nouvelle-Calédonie, à l’autre bout du monde.

Le roman, inspiré d’une histoire vraie, redonne voix à ces hommes broyés par un système qui prétendait les réformer mais les utilisait comme force de travail gratuite. Zacharie, spectateur impuissant de son propre destin, parcourt geôles, traversées interminables et travaux forcés, tout en rêvant d’un retour en France… retour presque impossible, car à la charge du bagnard lui-même. (lire la suite)

20 mai 2026

L'occupation de Annie ERNAUX

Catégorie 22 : Livre dont le personnage principal est à minima quadragénaire

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Publié en 2002, « L'Occupation » d'Annie Ernaux (Prix Nobel de littérature) est un court récit autobiographique. L'auteure y dissèque un sentiment souvent jugé inavouable : la jalousie obsessionnelle.

L'histoire commence par une rupture choisie. La narratrice (l'auteure elle-même) décide de quitter W., l'homme avec qui elle partageait sa vie depuis plusieurs années. Bien que l'amour se soit émoussé et qu'elle ait orchestré cette séparation, ils gardent des liens amicaux et continuent de se voir de temps à autre.

Mais tout bascule le jour où W. lui annonce qu'il s'installe avec une autre femme, dont il refuse de révéler l'identité.

L’auteure se met alors à imaginer, traquer, fantasmer cette rivale inconnue. L’absence d’informations sur elle nourrit une spirale mentale où chaque détail de sa relation passée devient suspect.

Elle dissèque avec précision la jalousie obsessionnelle qui la submerge, une véritable « occupation » mentale, envahissant chaque geste et chaque pensée.

Cette rivale sans visage, dont elle ne sait rien, colonise ses pensées. La narratrice passe ses journées et ses nuits à tenter de deviner son nom, son âge, son métier, ses goûts. Chaque indice devient une énigme à résoudre. Elle fouille les annuaires, les sites web….. et cherche frénétiquement à matérialiser cette inconnue.

Et puis, peu à peu, elle comprend que cette obsession qui la consume, parle moins de l’autre femme que d’elle-même : peur de l’abandon, insécurité, besoin de reconnaissance. La jalousie devient un miroir intime.

Cette quête obsessionnelle devient son activité principale, sa raison de se lever, une source d'énergie brute qui structure paradoxalement son quotidien de manière quasi vitale.

Annie Ernaux s'observe comme un sujet d'étude ou un corps étranger. Elle décrit avec une honnêteté brute les comportements absurdes ou humiliants auxquels la jalousie la pousse, tels que des appels téléphoniques anonymes, la surveillance...

Elle montre comment la jalousie n'est pas tant une affaire d'amour pour l'autre qu'une blessure narcissique profonde : l'insupportable réalité d'avoir été remplacée, le sentiment d'effacement de sa propre existence aux yeux de l'ancien amant.

Le récit est bref (76 pages) et fort heureusement ; ce livre interroge la manière dont une femme se définit à travers le regard d’un homme et d’une rivale, et c’est insupportable…

Insupportable, peut-être, mais je n’ai pas lâché mon livre avant d’en connaître l’issue….

L'enragé de Sorj CHALANDON

Catégorie 74 : un livre dont le personnage principal est courageux

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« L’Enragé » raconte la fuite d’un jeune pensionnaire de Belle‑Île – maison de force et de correction - en 1934 et sa lutte acharnée pour survivre dans un monde qui l’a broyé. L’auteur Sorj Chalandon y mêle reconstitution historique et colère intime pour redonner un visage au seul enfant évadé jamais retrouvé.

La colonie de Belle-Ile-en-Mer

En 1934, à la colonie pénitentiaire de Belle‑Île‑en‑Mer, cinquante‑six garçons enfermés pour vagabondage, pauvreté ou abandon — plus que pour de véritables délits — se révoltent et s’évadent. Une chasse à l’enfant est immédiatement lancée : gendarmes, surveillants, habitants et même touristes traquent les fugitifs, attirés par une prime de vingt francs par enfant capturé.

Tous sont repris… sauf un. (lire la suite)

Le cercle de lecture de La Parentaise Enfantine

Participer à un challenge littéraire en ligne, c’est stimulant… mais rien ne remplace la magie des rencontres en vrai. Au sein du Cercle de lecture de la Parentaise enfantine, nous aimons lire, échanger, débattre, rire, parfois même ne pas être d’accord — mais toujours ensemble, autour d’un livre et d’un moment partagé, avec ou sans thé, avec ou sans petits gâteaux….

Ici, les mots prennent vie parce qu’ils circulent entre les personnes, parce qu’on se voit, qu’on se parle, qu’on se découvre aussi.

Rejoindre le cercle, c’est choisir la convivialité plutôt que la solitude derrière un écran, c’est retrouver le plaisir simple de tourner les pages… et de lever les yeux pour croiser un sourire, une interrogation.

Alors oui, les défis en ligne ont leur charme. Mais vivre la littérature en direct, entouré de passionnés, c’est tout de même bien plus sympathique.

Voici les thèmes choisis pour la session 2025-2026 :


Les Adieux à la Reine de Chantal THOMAS

Catégorie 43 : Roman qui se déroule sur moins d’une semaine

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1810, Vienne. Agathe‑Sidonie Laborde, ancienne lectrice de Marie‑Antoinette, vit désormais dans l’exil et la discrétion : elle revit les trois journées décisives qui ont suivi la prise de la Bastille, les 14, 15 et 16 juillet 1789.

Agathe, une narratrice invisible

Agathe appartient à cette catégorie de femmes de cour invisibles mais indispensables. Lectrice-adjointe de la Reine, elle circule dans les espaces privés, observe les gestes, les voix, les confidences. Elle n’est pas une courtisane, pas une favorite, pas plus une intime : elle est une présence silencieuse, qui nous présente une vision panoramique de Versailles, du plus intime au plus politique, avec une lucidité crue sur les comportements humains.

Jeune femme de l’ombre mais témoin privilégiée, elle observe ce chaos avec une lucidité mêlée de fascination. Elle voit la Reine, non plus comme une figure politique, mais comme une femme vulnérable, entourée de fidélités fragiles et de trahisons silencieuses. (lire la suite)

15 avr. 2026

FEMMES EN COLERE de Mathieu MENEGAUX

Catégorie 13 : Livre en lien direct avec une mafia ou gang/crime organisé (réel)

Le roman tourne autour d’un crime, d’un procès d’assises, de justice, de vengeance et de violence. Même si ce n’est pas un « crime organisé », la catégorie englobe tout livre centré sur un crime réel ou fictif.

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Cour d'assises de Rennes, juin 2020.

Mathilde Collignon, gynécologue, mère de deux enfants est accusée d’un « crime barbare » qu’elle reconnaît avoir commis. Elle attend le verdict dans sa cellule, où elle tient un journal intime qui dévoile progressivement sa version des faits.

Trois ans plus tôt, Mathilde a été violée par deux hommes. Convaincue que la justice ne la protégera pas — en tant que médecin, elle connaît trop bien les failles du système — elle décide de se faire justice elle-même. Ce geste, médiatisé dans le monde entier, la place aujourd’hui sur le banc des accusés, risquant (lire la suite).

Femmes de porcelaine de V. de CLAUSADE et E. HESME

Catégorie 51 : Livre écrit à quatre mains

Le roman est co‑signé par Virginie de Clausade et Élodie Hesme, deux autrices, qui ont travaillé ensemble à la construction du récit, des personnages et de l’univers historique.

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Ce roman historique est ancré dans la réalité sociale de 1905 au cœur de l’industrie florissante — et impitoyable — de la porcelaine ; il se déroule à Limoges commune de Nouvelle-Aquitaine, préfecture du département de la Haute-Vienne, capitale de la province historique du Limousin. Les ouvrières de la manufacture Haviland subissent des conditions de travail dures, aggravées par le droit de cuissage exercé (lire la suite)

31 janv. 2026

Et toute la vie devant nous de Olivier ADAM

Catégorie 42 : Auteur/autrice né(e) une année paire

Je viens de découvrir cet écrivain, né à Paris le 12 juillet 1974 ; j'ai ;à Pari j’ai tout d’abord été attirée par l’ambiance du livre puisqu’il se situe à Draveil, ma commune de cœur depuis près de 30 ans. 
Olivier ADAM présente une écriture fluide, mélancolique, alternant entre introspection et scènes dialoguées. Le ton est grave, mais avec des éclats de tendresse et de lucidité.

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« Et toute la vie devant nous » d’Olivier Adam retrace quarante ans d’amitié entre Paul, Sarah et Alex, un trio marqué par un traumatisme d’enfance et une quête de vérité, de réconciliation et de sens. Le roman explore les liens qui se tissent, se défont et se reforment au fil des années, dans une France en mutation sociale et intime, de 1985 à 2025.

Voici donc l’histoire de trois personnages, appréhendant chacun, un traumatisme, jamais totalement nommé.

D’abord, il y a Paul, le narrateur principal, resté en partie figé sur une adolescence dont il ne parvient jamais vraiment à se détacher ; c’est un personnage sensible, introspectif, qui porte le poids du passé et cherche à comprendre ce qui a lié et délié « les inséparables ».

Paul vit dans la nostalgie et la relecture permanente du passé : son adolescence est le prisme à travers lequel il interprète tout, une tendance à analyser plutôt qu’à agir et une difficulté à se projeter dans l’avenir.

Si Paul semble figé dans l’adolescence, Sarah, elle, passe sa vie à tenter d’en sortir, comme si cette période avait laissé en elle une brûlure qu’elle cherche à fuir plutôt qu’à comprendre ; charismatique, libre, elle veut partir, s’arracher, se réinventer. Mais cette volonté farouche de rupture ressemble parfois à une fuite en avant. L’événement fondateur de leur adolescence ne la fige pas : il la propulse, presque violemment, vers une vie de ruptures, de choix radicaux, de prises de risque.

Et puis, il y a Alex, sans doute le personnage le plus discret du trio affectif, mais il est aussi l’un des plus complexes. Là où Paul intériorise et où Sarah fuit, Alex encaisse. Il avance, mais avec un poids invisible sur les épaules.
Alex est la force apparente, la fissure intérieure ; il est celui qui semble tenir debout, celui qui ne s’effondre pas, celui qui fait face. Il travaille, construit une vie, assume ses responsabilités. Mais cette stabilité est trompeuse : elle repose sur une forme de silence émotionnel. Alex incarne une troisième manière de vivre le passé : non pas le fuir, non pas s’y noyer, mais le porter comme un sac de pierres.

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Trois adolescents, liés par un même secret, qui deviendront tour à tour, adultes, parents.

Alex ne verbalise pas : il ne met jamais les mots sur ce qu’il ressent. Il garde tout en lui, « rongé par la haine de soi ». La peinture devient alors un langage de substitution, un moyen de faire sortir ce qui l’étouffe. Il ne parle pas du traumatisme, mais il le transcrit. La peinture devient un exutoire, un espace où il peut affronter des images, des sensations, des émotions qu’il ne peut pas formuler ; c’est une manière de regarder le passé sans l’affronter directement. Ses tableaux ne sont pas décoratifs : ils sont chargés, sombres, traversés de tensions. Ils disent ce qu’il ne dit pas. Ils montrent ce qu’il ne montre pas. Sa peinture le protège de tout effondrement...

Si la peinture est une soupape pour Alex, Paul trouve un refuge dans l’écriture ; c’est une manière pour lui de survivre à ce qu’il a vécu. Écrire devient alors une tentative de mise en ordre du chaos, et parfois même une manière de retarder le moment d’agir.

Paul est un observateur, un analyste. Il ne cesse de revenir sur les mêmes scènes, les mêmes souvenirs, les mêmes silences. Son écriture devient un outil de compréhension : comprendre ce qui s’est passé, comprendre ce qu’ils sont devenus, comprendre ce qu’il ressent encore pour Sarah et Alex. C’est en quelque sorte une manière de lutter contre le temps, contre l’effacement, contre la perte.

Sarah choisira un métier tourné vers les autres : et quoi de mieux que « travailleur social », presque une thérapie déguisée, pour aider les plus fragiles, et de surcroît l’Aide Sociale à l’Enfance….. Elle choisit de réparer, de protéger, de soutenir. Mais ce choix n’est pas seulement professionnel : il est profondément existentiel, une tentative de réparer chez les autres ce qu’elle n’a jamais réussi à réparer en elle. C’est une manière de reprendre du pouvoir sur sa propre histoire, de transformer sa vulnérabilité en force. Mais cette vocation a aussi une dimension ambivalente : elle soigne les autres pour ne pas avoir à se soigner elle-même, elle s’oublie dans l’action pour éviter de regarder en face ce qui la hante. Ainsi, son engagement social est à la fois un élan généreux et une stratégie de survie. D’ailleurs, concernant ses deux amis, elle a bien compris qu’elle était « l’infirmière de l’un et le fantasme de l’autre ».

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On peut légitimement se poser la question : mais de quel traumatisme parle t-on ?

Pour les deux garçons, l’événement qui les marque à vie est la mort de Clément, un gamin du lotissement, un « petit » qui les suit, les admire, et qu’ils n’ont pas su protéger ; ce traumatisme-là, collectif, crée entre eux une culpabilité diffuse, jamais totalement exprimée ; il fige Paul dans une forme de sidération intérieure mais il pousse Alex à se durcir, à porter le poids du silence.

La mort de Clément est un point de non retour, un moment où quelque chose se brise et ne se répare jamais.

Mais pour Sarah, la blessure fondatrice n’est pas la mort de Clément. Elle est ailleurs, dans sa relation ambiguë, déséquilibrée, presque prédatrice avec Chatel, son professeur de théâtre. Car cette « liaison » n’en est pas vraiment une ; elle est marquée par l’emprise, par une confusion entre désir, domination et vulnérabilité.

Ce n’est pas un traumatisme partagé : c’est un traumatisme solitaire, vécu dans la honte, le secret et la culpabilité.

Là où Paul et Alex sont liés par un drame extérieur, Sarah est marquée par un drame intérieur, qui touche à son corps, à son identité, à son rapport à elle-même.

Car ce roman montre très bien que le passé ne pèse pas de la même manière sur chacun des membres du trio, même s’ils viennent du même lieu, de la même époque, du même milieu social.

Paul, Alex et Sarah, bien que marqués par des traumatismes différents, trouvent chacun une manière singulière de transformer leur douleur en activité pour survivre. Paul, incapable de se détacher du passé, se tourne vers l’écriture. Elle devient pour lui un refuge où il tente de mettre de l’ordre dans ce qui le hante : la mort de Clément, les silences de l’adolescence, les liens brisés. Écrire lui permet de retenir ce qui disparaît et de comprendre ce qu’il n’a jamais su dire. Alex, lui, avance en silence. Il porte la culpabilité de la mort de Clément comme un poids qu’il ne verbalise jamais. Sa manière de ne pas sombrer passe par la peinture, qui devient son exutoire : un espace où il peut transformer ses émotions refoulées en formes et en couleurs, sans avoir à affronter directement ce qu’il ressent. Enfin, Sarah, marquée par sa relation destructrice avec Chatel, choisit une voie différente. Son traumatisme intime la pousse vers l’aide sociale, un métier où elle protège les autres comme elle n’a pas été protégée elle-même. En s’engageant auprès des plus fragiles, elle tente de réparer symboliquement l’adolescente blessée qu’elle a été. Ainsi, chacun d’eux convertit sa blessure en une activité qui lui permet de survivre : Paul par la mémoire écrite, Alex par la création picturale, Sarah par l’action tournée vers les autres.

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Deux grilles de lecture possibles du roman : une histoire simple et touchante entre trois amis d’enfance ou bien – et c’est celle que je préfère - une grille de lecture plus psychologique, beaucoup plus sombre et complexe.

Car derrière l’apparente simplicité d’un trio se cachent des traumatismes profonds ; le roman devient alors une exploration de la mémoire, de la culpabilité, de la résilience et des stratégies de survie.

Ainsi, « Et toute la vie devant nous » peut se lire à deux niveaux : comme le récit d’une amitié qui traverse le temps, ou comme une plongée dans les mécanismes intimes qui permettent de survivre à un traumatisme. Ces deux lectures ne s’opposent pas : elles se complètent et donnent au roman sa profondeur.