L'histoire de la plume remonte à l'Antiquité et s'est faite par étapes successives, en fonction des supports d'écriture disponibles.
Le calame en roseau : IIIᵉ millénaire av. J.-C.
En Égypte et en Mésopotamie, on écrit sur du papyrus ou de l'argile avec le calame, une tige de roseau taillée en biseau. C'est l'ancêtre direct de la plume à bec large.
La plume d'oiseau : VIᵉ siècle
Avec la généralisation du parchemin (peau d'animal), le calame, trop rigide, est remplacé par la plume d'oiseau (principalement d'oie, parfois de cygne ou de dindon). Plus souple, la kératine permet des tracés d'une précision inédite.
Sous l'Ancien Régime, en France, la taille de la plume est un art jalousement gardé. La Corporation des maîtres écrivains, créée sous Henri II au XVIᵉ siècle, détient le monopole de l'enseignement de la calligraphie. Tailler sa plume d'oie avec un petit couteau (le canivet) est un geste technique quotidien.
La plume métallique industrielle : XIXᵉ siècle
L'invention de l'acier embouti et la fabrication industrielle en Angleterre (à Birmingham) mettent fin au règne de la plume d'oie, qui s'usait et devait être taillée en permanence.
En France, avec les lois de Jules Ferry (1881-1882) rendant l'école primaire obligatoire, l'État devient le premier client des fabricants français. La plume d'acier équipée de son porte-plume en bois s'impose dans toutes les classes.
Ce sera l'époque de la mythique plume Sergent-Major, mais aussi de la Gauloise, de la César ou de la Velleda. Ces plumes métalliques permettront à tous les enfants de France d'apprendre la cursive et la ronde avec l'encre violette.
Mais d'où vient le mot « plume » ?
Le terme vient directement du latin pluma (« plumage »). Lorsque la plume d'oie a supplanté le calame au Moyen Âge, le mot désignant le matériau d'origine s'est naturellement imposé pour nommer l'outil d'écriture lui-même.
Même lorsque l'acier a remplacé la plume d'oie au XIXᵉ siècle, nous avons conservé le mot « plume » en français, de même que « plumier ».
Les grandes familles de plumes
En calligraphie, les plumes se divisent en deux grandes familles selon le type d'écriture visé, auxquelles s'ajoutent des plumes plus créatives ou modernes.
Les plumes à bec large (ou tronquées) : le bout est plat et coupé droit (ou en biseau) ; c'est la largeur fixe du bec qui produit le contraste entre traits épais (pleins) et traits fins (déliés) selon l'angle de tenue ; on les utilise pour les écritures historiques et médiévales (Gothique, Chancery/Italique, Onciale, Caroline, Ronde)
Les plumes pointues (ou flexibles) ; elles se terminent par une pointe fine fendue en deux ; contrairement au bec large, c'est la pression exercée par la main qui écarte les deux branches (les « becs ») et fait varier l'épaisseur du trait ; on les utilise pour les écritures classiques et cursives à partir du XVIIᵉ siècle (Anglaise / Copperplate, Spencerienne, Modern Calligraphy).
Les plumes spécifiques et créatives que je n’ai pas encore explorées.
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