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26 sept. 2026

Petite histoire de la plume

L'histoire de la plume remonte à l'Antiquité et s'est faite par étapes successives, en fonction des supports d'écriture disponibles.

Le calame en roseau : IIIᵉ millénaire av. J.-C.

En Égypte et en Mésopotamie, on écrit sur du papyrus ou de l'argile avec le calame, une tige de roseau taillée en biseau. C'est l'ancêtre direct de la plume à bec large.

La plume d'oiseau : VIᵉ siècle

Avec la généralisation du parchemin (peau d'animal), le calame, trop rigide, est remplacé par la plume d'oiseau (principalement d'oie, parfois de cygne ou de dindon). Plus souple, la kératine permet des tracés d'une précision inédite.

Sous l'Ancien Régime, en France, la taille de la plume est un art jalousement gardé. La Corporation des maîtres écrivains, créée sous Henri II au XVIᵉ siècle, détient le monopole de l'enseignement de la calligraphie. Tailler sa plume d'oie avec un petit couteau (le canivet) est un geste technique quotidien.

La plume métallique industrielle : XIXᵉ siècle

L'invention de l'acier embouti et la fabrication industrielle en Angleterre (à Birmingham) mettent fin au règne de la plume d'oie, qui s'usait et devait être taillée en permanence.

En France, avec les lois de Jules Ferry (1881-1882) rendant l'école primaire obligatoire, l'État devient le premier client des fabricants français. La plume d'acier équipée de son porte-plume en bois s'impose dans toutes les classes.

Ce sera l'époque de la mythique plume Sergent-Major, mais aussi de la Gauloise, de la César ou de la Velleda. Ces plumes métalliques permettront à tous les enfants de France d'apprendre la cursive et la ronde avec l'encre violette.

Mais d'où vient le mot « plume » ?

Le terme vient directement du latin pluma (« plumage »). Lorsque la plume d'oie a supplanté le calame au Moyen Âge, le mot désignant le matériau d'origine s'est naturellement imposé pour nommer l'outil d'écriture lui-même.

Même lorsque l'acier a remplacé la plume d'oie au XIXᵉ siècle, nous avons conservé le mot « plume » en français, de même que « plumier ».

Les grandes familles de plumes

En calligraphie, les plumes se divisent en deux grandes familles selon le type d'écriture visé, auxquelles s'ajoutent des plumes plus créatives ou modernes.

      • Les plumes à bec large (ou tronquées) : le bout est plat et coupé droit (ou en biseau) ; c'est la largeur fixe du bec qui produit le contraste entre traits épais (pleins) et traits fins (déliés) selon l'angle de tenue ; on les utilise pour les écritures historiques et médiévales (Gothique, Chancery/Italique, Onciale, Caroline, Ronde)

      • Les plumes pointues (ou flexibles) ; elles se terminent par une pointe fine fendue en deux ; contrairement au bec large, c'est la pression exercée par la main qui écarte les deux branches (les « becs ») et fait varier l'épaisseur du trait ; on les utilise pour les écritures classiques et cursives à partir du XVIIᵉ siècle (Anglaise / Copperplate, Spencerienne, Modern Calligraphy).

      • Les plumes spécifiques et créatives que je n’ai pas encore explorées.

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Pour en savoir plus :

Les manuels de maîtres-écrivains parisiens - Bibliothèquesspécialisées et patrimoniales de la Ville de Paris

la plume d'oie d'Auvillar – Auvillar

Histoires de plumes anciennes – L'Ecritoire

L'art des belles lettres s'invite sur le blog !

C'est officiel : depuis la rentrée de septembre, je me suis lancée dans l'apprentissage de la calligraphie ! J’ai toujours été attiré par l’écriture, les beaux stylo-plumes et la papeterie en général.

D’après le CNRTL (Centre National de Ressources Textuelles et Lexicales), la calligraphie est « l’art de bien former les caractères d'écriture ». 

Si le travail du fil avec la broderie et le plaisir d'une belle lecture m'accompagnent depuis toujours, la calligraphie vient aujourd'hui compléter cette parenthèse d'apaisement et de patience. Apprivoiser le mouvement de la plume, apprivoiser l'encre, tracer des pleins et des déliés… tout un univers d'élégance et de minutie que j'apprends à découvrir pas à pas. Un moment de patience et de calme comme je les aime…..

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Des pages d’écriture

Pour mon 1er atelier de calligraphie, j'ai été initié à l'écriture gothique. On commence par faire « des diamants », des pages de diamants - des lignes Seyès comme à l'école de mon enfance ! - puis on attaque le « i » et le « l ».

En calligraphie latine - particulièrement pour la gothique textura - le diamant (ou losange) est le tracé de base.

Facile ? Pas vraiment….. Les questionnements arrivent en masse : quelle plume, quelle encre, quel papier….

Deux choses fondamentales sont à comprendre dès le début : l’angle de la plume - entre 30° et 45° - puis le rythme et la régularité ; le geste sans cesse répété crée la mémoire musculaire nécessaire pour poser les empattements, c’est-à-dire l'attaque en haut et la sortie en bas des lettres.

Ces pages de lignes permettent de caler la hauteur d'écriture, car le corps de texte se mesure en nombre de « becs de plume ».

La gestion de l'encre est très compliquée

L'encre a sa propre physique, et dompter la plume demande un coup de main qui ne vient qu'avec la pratique. Rappelez-vous, avant de savoir écrire, il nous a fallu faire des pages et des pages…...

Les plumes neuves sont recouvertes d'une huile de protection en usine qui empêche l'encre d'accrocher ; l'encre perle et tombe d'un coup, ou ne coule pas du tout. Il faut la dégraisser : passe-la rapidement sous la flamme d'un briquet ; une seconde suffit.

Ensuite, chargez votre pinceau plutôt que de le tremper directement dans l’encrier : en effet, si vous trempez la plume directement, vous embarquerez trop d'un coup, d'où les pâtés au premier contact. Utilisez un petit pinceau pour déposer l'encre sous la plume, dans le réservoir ou sous la fente. Pensez également au buvard !

Les pâtés au démarrage, l’encre qui ne coule pas ou encore les traits qui bavent, est le combo parfait du débutant !

Pour commencer, on utilise une plume brause 4 ou 3 mn, du papier imprimante standard – pas idéal mais souvent on a que ça sous la main ! – et du brou de noix ; ce dernier coûte moins cher que l'encre de Chine à quantité égale ; de plus, il offre de très belles nuances d'ombrage et un rendu bistre/chocolat typique des manuscrits anciens.

Vingt fois sur le métier…..

Boileau ne s’y est pas trompé : pour apprendre, il faut répéter ! Faire et refaire….