16 mars 2025

Happy Hippo (1/2)


Le printemps arrive.... même si on en doute un peu ; alors j'avais besoin de plein de couleurs ! Cette grille est impeccable pour ça.. 

Elle viendra égayer le devant d'un tableau japonais;



14 mars 2025

Glaise de Franck BOUYSSE

Catégorie 5 : Un roman que vous aimeriez voir adapté au cinéma

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1914, au cœur du Cantal. La terre est lourde, grasse de pluie et de sang à venir. Glaise, c’est cette matière première, brute et vivante, qui façonne les hommes autant qu’ils la façonnent. C’est la rudesse des jours, le silence des âmes et la violence sourde qui couve sous le ciel d’orage de la Grande Guerre.

Dans cette vallée reculée, trois fermes à l’avenir incertain.

Tout d’abord celle de La Vallette, un homme taiseux, tenu éloigné de la guerre à cause d’une invalidité à la main ; il est un fermier égoïste, alcoolique, aussi violent avec sa femme qu’avec ses voisins parce que la terre ne se partage pas, elle se défend, elle s’endure. Il est aussi laborieux que que plein de haine, prêt à en découdre à la moindre tension, et surtout, fier que son fils soit parti pour la guerre.

Puis la ferme du vieux Léonard et de sa femme, un paysan âgé, plein de sagesse et de bienveillance. Deux vieux qui renferment un lourd secret, qui les ronge de l’intérieur.

Et enfin, encore plus haut, les Lary (lire la suite)

3 mars 2025

Les assassins de l'aube de Michel BUSSI

Catégorie 23 : Un roman dans lequel il y a plusieurs scènes de crime

mais aurait tout aussi bien pu convenir pour la catégorie 5 : ce thriller n’a pas encore été adapté au cinéma, et je suis sûre qu’il serait une réussite !

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De nos jours, en Guadeloupe. Trois touristes sont retrouvés assassinés avec un harpon de plongée planté en plein cœur. Les meurtres, toujours commis à l'aube, sont accompagnés d'une mise en scène plutôt macabre mais bien orchestrée. Le commandant Valéric Kancel, « un chabin », « un Créole métissé viking, malheureux en Normandie et inadapté ici » récemment revenu après une carrière en métropole, est chargé de mener l’enquête.

Trois crimes vont donc embraser cette île paradisiaque au passé colonial encore présent :

  • un premier crime sur les Marches des Esclaves

  • un second crime près de la cascade Parabole et l’acomat boucan géant

  • et le dernier sur la plage de la Perle.

«  il n’y a toujours qu’une vérité, Valéric. Ceux qui affirment le contraire sont ceux qui ont le pouvoir de manipuler la réalité. Les puissants, les maîtres, les anciens et nouveaux colonisateurs. Mentir, c’est asservir. »

Un vieux sorcier antillais « l'Oeil noir » ajoute une dimension ésotérique à l'intrigue par son rôle mystique de prédiction des crimes et sa connaissance des traditions locales ; avec un style qui lui est propre, l’auteur explore habilement les thèmes sociaux et historiques, comme l’esclavagisme, l'identité et les racines culturelles, au sein d’une nature paradisiaque.

Si les personnages du livre sont confrontés à leur propre histoire, le chargé de l'enquête, le Commandant Kancel, doit lui aussi jongler avec ses propres démons intérieurs et ses secrets.

« Son père savait si bien mentir. Les adultes savent si bien mentir aux enfants, transformer la vérité, embellir la réalité, cacher leurs défauts. Si les adultes se font passer pour des héros, ce n’est pas pour protéger les enfants, c’est parce qu’ils ne peuvent pas leur avouer qu’ils sont des salauds

Je me suis laissée emportée par les interactions et les rebondissements de ce thriller qui, pour ne rien vous cacher, invitent à la réflexion sur une société guadeloupéenne humiliée.

Si l’abolition officielle de l’esclavage en 1848 en Guadeloupe a marqué une étape fondamentale dans l’histoire de l’île, si les chaînes ont été brisées sur le papier, certaines réalités sociales, économiques et culturelles continuent de porter l’empreinte de cette période douloureuse. Et l’auteur y fait souvent référence dans son récit….

L’héritage du système esclavagiste se manifeste encore aujourd’hui sous diverses formes : précarité persistante de certaines classes sociales, transmission limitée des mémoires familiales, silences pesants sur cette partie de l’histoire qui jamais ne s’effacera. Ces tabous, souvent ancrés dans les mentalités, rendent parfois difficile un véritable travail de mémoire et de reconnaissance des souffrances passées. De toutes les souffrances.

Car la justice a ses limites et la vengeance a des conséquences dévastatrices.

Briser ces tabous, c’est reconnaître que l’histoire ne s’efface pas d’un trait de plume.

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Pour en savoir plus :

Petit Canal - Marches des Esclaves - Horizon Guadeloupe

GuadeloupeKarukera Le Code Noir

L'histoire de la prison de Petit-Canal

18 févr. 2025

Un happy dog !

La broderie diamant est une activité créative qui allie la broderie et la mosaïque pour donner naissance à des œuvres scintillantes. Elle consiste à coller de petits strass colorés sur une toile adhésive pré-imprimée selon un code couleur précis, un peu comme la peinture par numéros. Accessible à tous, elle ne nécessite aucune compétence particulière et permet de se détendre tout en réalisant de magnifiques tableaux. Que vous soyez débutant ou passionné de loisirs créatifs, la broderie diamant est une activité idéale pour allier patience, créativité et plaisir du fait-main… Tout en écoutant des podcasts sur France Culture !



Et maintenant que j'ai - un peu - reposé ma main, retour au point compté.....

13 févr. 2025

Peau de fesse de François FRAIN


Catégorie 11 : Le livre qui se trouve dans votre PAL depuis le plus longtemps

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Quatrième de couverture : « J’ai toujours su que ma mère mentait.

Bien sûr, toutes les mères mentent quand elles rêvent d'un enfant à naître. Elles se mentent, elles se racontent une belle histoire. C'est leur façon de le fabriquer, l'enfant.

Seulement vient un jour où le rêve de l'enfant, on le raconte aux autres, au mari ou à l'amant - et puis à l'enfant, qui demande : " Comment m'as-tu fait ? Pourquoi m'as-tu fait ? " L'enfant cherche sa vérité dans le rêve de sa mère. C'est là que commence le silence - ou le mensonge.

Ma mère à moi n'a jamais cessé de me mentir ; elle m'a toujours travesti son rêve. Elle a construit un château de cartes sur lequel elle a cru que je bâtirais ma vie. Ou bien elle s'en moquait, de moi. Tout ce qui comptait, c'était son rêve - son mensonge. »

J’avais ce livre depuis longtemps dans ma PAL (pile à lire) qui ne demandait qu’à être dévoré. Enfin, « dévoré » n’est pas le terme exact ; je suis arrivée très péniblement à la page 98 sans jamais accrochée à cette histoire.

« Peau de fesse » de François Frain est pourtant une œuvre qui aborde le thème des violences intra-familiales. Le récit suit les expériences et les réflexions d’un enfant devenu adulte, face à des situations de vie difficiles, des expériences de brimades, des comportements insultants….

L'auteur aborde les impacts émotionnels et psychologiques de cette violence de manière peu approfondie ; certes, le thème est traité avec une grande sensibilité – notamment celle d’un petit enfant - mais le style est trop simpliste à mon goût. Les violences sont décrites au travers de situations et d’interactions qui ne manqueront pas, à long terme, d’avoir des conséquences sur le devenir de la petite victime.

Tout n’est que rage, pleurs et impuissance. L’auteur décrit des situations insupportables dont le lecteur ne sait que faire… C’est fort dommage, car il y avait matière à écrire un beau texte : le résultat n’est pas à la hauteur de mes attentes.


3 févr. 2025

La louve

La broderie diamant, également connue sous le nom de « diamand painting », est une activité de loisir créatif qui combine les aspects de la broderie et de la peinture par numéros. Elle consiste à coller de petites pierres scintillantes, appelées « diamants » - et dont les coloris sont identiques à ceux des fils DMC - sur une toile adhésive pré-imprimée pour créer des motifs colorés et brillants.

Si cette activité manuelle et répétitive de placer les diamants peut être apaisante et aider à réduire le stress et l'anxiété, elle me permet en outre de reposer l’arthrose de mes mains.

Contrairement à la broderie au point compté qui nécessite une certaine concentration, la broderie diamand ne demande aucune compétence particulière si ce n’est de la patience pour placer chaque diamant au bon endroit.


Je tape la manche de Jean-Marie ROUGHOL


Catégorie 2 : Un livre qui parle de votre plus grande phobie

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Co-écrit par Jean-Marie Roughol et Jean-Louis Debré, ce livre est un témoignage poignant sur la vie de Jean-Marie Roughol, un homme qui a passé de trop nombreuses années dans la rue.

Le récit commence par une rencontre fortuite entre Jean-Marie Roughol et Jean-Louis Debré, alors que Roughol mendie pour survivre. De cette rencontre naît une relation de confiance, et avec l'aide de Debré, Roughol accepte de partager son histoire. Le livre décrit ses défis et ses expériences, offrant un regard sans filtre sur la vie des sans-abris et les difficultés qu'ils rencontrent au quotidien.

Jean-Marie Roughol partage une vision brute – sans langue de bois - et réaliste de la vie dans la rue, loin des stéréotypes ; ce livre permet de mieux comprendre le quotidien des personnes sans-abri : les clodos dans le métro, les toxicos dans les squatts, les bagarres de rue, les vols entre SDF, l’extrême violence…. Mais aussi les copains et la mort : des copains morts de froid, de solitude, d’une crise cardiaque ou tout simplement disparus….

S’il rend hommage aux bénévoles des Restos du Coeur, il n’est, par contre, pas très tendre avec les « bleus » du CASH (Centre d'accueil et de soins hospitaliers) de Nanterre :

« J’avais rencontré l’enfer et perdu toute dignité. Nous étions traités comme des animaux nuisibles. »

Le livre suscite une réflexion sur les causes de la pauvreté et de l'exclusion sociale. Il pose des questions sur notre société et sur la manière dont nous traitons les plus vulnérables. Les SDF sont souvent dénigrés et traités de « grosses merdes qui trainent sur le trottoir » ou de « fainéants » alors que le quotidien d’un SDF est de savoir où il va dormir le soir, ce qu’il va pouvoir manger – et où trouver la nourriture – où se laver, comment faire ses besoins, et surtout, préserver le peu qui lui appartient….

« La nuit dans la rue, c’est la loi de la jungle, le jour la règle c’est chacun pour soi, chacun son trottoir et même chacun sa rue. La nuit c’est pire. »

Malgré les épreuves, Jean-Marie Roughol montre une grande résilience et une volonté de s'en sortir. Des anecdotes personnelles et des expériences vécues nous montrent que la vie n’a pas toujours été très tendre avec lui. Qu’il est difficile de se relever lorsque l’on est tombé aussi bas.

Dépouillé de complexités littéraires, son discours est accessible à un large public ; son langage direct, parfois cru, peut quelquefois choqué, mais il est celui d’un homme qui a fait peu d’étude, certes, mais qui cependant est capable d’émotions brutes, que ce soit la tristesse, la colère, ou l'espoir.

« La rue c’est comme la jungle, pas d’avenir pour les faibles, les frileux ou les peureux. Si tu ne résistes pas et ne montres pas que tu es prêt à cogner, les nouveaux n’hésitent pas à te tabasser et à te piquer ta cagnotte. Il est alors trop tard pour geindre. »

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Sortir de la rue après avoir été un enfant délaissé est un défi immense, car la précarité n’est pas seulement physique, elle est aussi émotionnelle. Laissé pour compte dès l’enfance, Jean-Marie Roughol a été privé de sécurité affective, d’un cadre stable et d’un environnement nourrissant.

Dans la rue, sa survie devient une priorité, et les mécanismes de défense s’installent. L’instinct de protection face à un monde hostile prend le dessus, parfois au détriment de toute tentative de réinsertion. La confiance en soi - en les autres et en l’avenir – est alors sérieusement ébranlée, rendant difficile l’acceptation de l’aide ou la volonté de croire en des solutions durables.

En tant qu'assistante sociale retraitée, j'ai eu l'opportunité de rencontrer des personnes vivant des situations de grande précarité, et ces expériences ont profondément marqué ma perception du monde. Ce qui m’a toujours frappée, c’est la résilience de ces individus face à des conditions de vie extrêmes, mais aussi la souffrance invisible qui accompagne leur vie de tous les jours. Sous le vernis de cette « pauvreté », j’ai souvent rencontré des gens, sensibles, vulnérables, blessés, des gens comme vous et moi.

Mon rôle était alors de fournir un soutien moral et logistique, mais malgré tous les efforts, il me restait un sentiment d’impuissance face à la dureté de la réalité. La vie dans la rue est une épreuve à la fois physique et psychologique, un combat constant pour la survie qui érode la dignité et parfois, l’espoir. Demander de l’aide n’est pas à la portée de tous.

Les services sociaux sont souvent peu adaptés aux spécificités de ceux qui ont grandi dans la grande précarité ou l’isolement, car le chemin vers la réinsertion passe par une longue période de reconstruction personnelle, nécessitant à la fois des ressources matérielles, une grande force intérieure et beaucoup de temps ; il est regrettable de constater qu’aujourd’hui, par exemple, un travailleur social ne peut consacrer plus de 30 minutes d’entretien par personne pour expliquer un parcours de vie, pour en extraire la substance, sans jugement, et trouver une solution durable, ensemble...

« La rue, c’est mon univers. Je j’ai ancrée au plus profond de moi. Malgré les difficultés, l’incompréhension, je m’y sens bien, plus l’hiver que l’été. »

Les témoignages de ceux qui ont vécu dans la rue me touchent profondément. Ils me rappellent à quel point il est difficile de sortir de cette spirale infernale, de reconstruire une vie stable quand on a été fragilisé par des années de lutte pour la survie, de solitude et d’indifférence. Car vous l’avez bien compris, ma plus grande peur est de perdre mon toit…..

La rencontre entre Roughol et Debré montre comment un simple acte de bonté peut transformer une vie. C'est un appel à la compassion et à l'engagement envers les autres. En découvrant l'histoire de Jean-Marie Roughol, les lecteurs peuvent mieux comprendre les parcours individuels qui chavirent dans la précarité, et développer plus d'empathie et surtout de compréhension.

De grâce, lorsque vous croisez un SDF dans la rue, même si vous ne souhaitez pas lui donner une pièce – on ne peut pas aider tout le monde et pourquoi lui plus qu’un autre ! – ne détournez pas le regard : dîtes-lui simplement « bonjour » pour qu’il ne se sente pas « invisible »….

31 janv. 2025

La petite couturière du Titanic de Kate ALCOTT

Catégorie 10 : Un livre dont le titre contient toutes les voyelles

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Quatrième de couverture : « Avril 1912. Tess Collins, une jeune servante anglaise, est venue à Cherbourg vivre de sa passion, la couture. Hélas, la maison qui l'emploie la traite comme une domestique. Lorsqu'elle apprend qu'un paquebot se dirigeant vers les Etats-Unis va faire escale à Cherbourg, elle décide d'embarquer pour tenter l'aventure. À bord du Titanic, elle fait connaissance de Lucy Duff Gordon, célébrité de la haute couture anglaise, qui s'apprête à présenter sa nouvelle collection à New York. Sa femme de chambre lui ayant fait faux bond, elle décide d'employer Tess. En première classe du navire, Tess découvre un monde fastueux. Elle fait la rencontre de deux hommes, Jim, un marin, et Jack, un self-made-man américain. Mais, tandis qu'un triangle amoureux s'installe, le paquebot, sans que ses occupants s'en doutent, fonce vers un iceberg... Réchappant à la catastrophe, Tess découvre que sa maîtresse a embarqué à bord d'un autre canot de sauvetage. Mais celle-ci a-t-elle survécu aux dépens d'autres passagers ? Elle se trouve bientôt face à un dilemme : rester fidèle à sa maîtresse ou dire ce qu'elle a découvert des circonstances du drame ? » 

Outre la petite histoire d’amour du triangle amoureux, ce livre est intéressant car il s’inspire de faits réels autour du tragique naufrage du Titanic, un événement marquant de l'histoire. Les trois quart du livre se concentre sur la commission d’enquête menée par le Sénateur Smith à la recherche des circonstances du drame. Il mélange (lire la suite)

19 janv. 2025

Les choses humaines de Karine TUIL


Catégorie 15 : Un roman récompensé par le prix Goncourt des lycéens

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Quatrième de couverture : « Les Farel forment un couple de pouvoir. Jean est un célèbre journaliste politique français ; son épouse Claire est connue pour ses engagements politiques. Ensemble, ils ont un fils, étudiant dans une prestigieuse université américaine. Tout semble leur réussir. Mais une accusation de viol va faire vaciller cette parfaite construction sociale. »

La première partie du livre présente les personnages, avec leurs histoires, leurs complexités respectives, un vécu riche qui offre un cadre narratif pour l’exploration des questions sociales et éthiques contemporaines :

  • Alexandre Farel : élève brillant à Stanford, personnage complexe et central, brillant, ambitieux ; sa vie bascule lorsqu'il est accusé de viol après une fête ; cette accusation met à l'épreuve ses relations familiales et sociales, et expose les dynamiques de pouvoir et de privilège qui entourent sa vie ; la question de sa culpabilité ou de son innocence reste un point central de l'intrigue, invitant le lecteur à réfléchir sur les notions de justice et de vérité,

  • Jean Farel : le père d'Alexandre, un journaliste renommé, figure publique influente, dont la carrière et l’image publique sont affectées par les accusations portées contre son fils ; homme charismatique et sûr de lui, les événements qui touchent sa famille vont révéler ses vulnérabilités et ses contradictions,

  • Claire Farel : la mère d'Alexandre, une intellectuelle féministe engagée, auteure, en plein conflit entre sa carrière, ses convictions et la défense de son fils ; figure particulièrement marquante, elle est déchirée entre sa loyauté envers son enfant et ses convictions profondes en matière de justice et d'égalité des sexes ; la tension entre ses croyances et la réalité de sa situation familiale ajoute une profondeur supplémentaire à son personnage,

  • Mila : la victime présumée du viol, une jeune femme d'origine modeste ; son témoignage et son parcours sont au cœur du procès et des débats moraux du livre ; Mila apporte une perspective différente par rapport à celle des autres personnages, notamment en termes de classe sociale et de privilèges ; elle représente la voix des victimes et soulève des questions cruciales sur la crédibilité, la justice, et les préjugés auxquels les victimes de viol sont confrontées ; sa détermination et son courage face à une situation extrêmement difficile sont des aspects importants de son personnage ; sa mère joue également un rôle en raison de ses relations familiales complexes et de son passé,

  • Adam Wizman : le compagnon de Claire, professeur de français dans une école de confession juive, se trouve impliqué à la fois personnellement et professionnellement dans le drame qui touche la famille Farel ; il joue un rôle important dans le contexte familial et juridique dont les interactions avec Claire ajoutent une dimension supplémentaire à l'intrigue ; sa relation avec la mère d’Alexandre est marquée par la loyauté et le soutien, mais aussi par les tensions et les dilemmes que la situation engendre.

La seconde partie est celle du procès ; elle est à mon sens la plus importante, car elle aborde des thèmes complexes comme le consentement, la justice, et les dynamiques de pouvoir à travers l'histoire d'un jeune homme accusé de viol après une fête bien arrosée. C’est un moment clé de l'histoire, décrit avec une grande intensité. L'atmosphère du tribunal est tendue. Le procès est médiatisé, ce qui ajoute une pression supplémentaire sur les personnages.

L’auteure, Karine Tuil, décrit le procès avec une grande finesse, mettant en lumière les aspects humains et juridiques de l'affaire. Le lecteur est ainsi invité à réfléchir sur des questions complexes de vérité, de justice et de responsabilité.

Les accusés et les témoins sont émouvants et révèlent des détails essentiels sur la nuit fatidique ; les arguments des avocats sont présentés avec passion ; ils utilisent des preuves matérielles, des témoignages et des expertises médicales pour soutenir leurs positions ; chaque avocat cherche à influencer le jury et les juges en mettant en avant les aspects juridiques et émotionnels de l'affaire.

Les interrogatoires d’Alexandre et de Mila sont détaillés ; ils révèlent non seulement les faits de l'affaire, mais aussi les personnalités et les motivations des protagonistes.

Les réseaux sociaux et les associations jouent également un rôle significatif dans l'intrigue et influencent fortement le déroulement des événements.

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Le roman explore les complexités de la justice et de la vérité, notamment à travers le procès d'Alexandre. Il nous invite à nous interroger sur notre propre perception de ces concepts et sur les biais qui peuvent influencer notre jugement. Le thème central du viol et du consentement est traité avec une grande finesse. Le livre nous fait réfléchir sur les nuances et les implications du consentement dans les relations humaines.

À travers le personnage de Mila, ce roman nous sensibilise aux défis et aux obstacles que rencontrent les victimes de violences sexuelles, ainsi qu'à l'importance de les écouter et de les soutenir.

C'est une lecture que j’ai beaucoup appréciée et qui ne laisse pas indifférent ; elle continue de résonner longtemps après avoir tourné la dernière page...




9 janv. 2025

La princesse effacée de Alexandra de Broca


 Catégorie 28 : 

Un livre dont l'auteur.trice a un nom à particule

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Voici un roman historique écrit par Alexandra de Broca. Publié en mai 2010, ce livre raconte l'histoire de Marie-Thérèse de France – Madame Royale - la fille de Louis XVI et de Marie-Antoinette, qui fut emprisonnée avec ses parents à la prison du Temple lors de la Révolution française.

L'histoire se concentre sur l'amitié qui se développe entre Marie-Thérèse et Renée Chantereine, une femme du peuple envoyée pour s'occuper de la jeune princesse. À travers leurs interactions, Marie-Thérèse retrouve un peu d'espoir et commence à écrire ses mémoires pour témoigner de l'horreur de son quotidien, et de l’acharnement qu’a subi sa famille.

Bien que certains éléments du livre soient basés sur des faits historiques réels, comme l'existence de Marie-Thérèse de France, son emprisonnement à la prison du Temple, l'histoire et les interactions détaillées dans le livre sont en grande partie fictives : l’auteure s’est permise quelques libertés pour une meilleure compréhension de l’histoire.

Les romanciers utilisent souvent des personnages et des événements historiques pour tisser des récits qui mélangent réalité et fiction. Cela leur permet de donner vie à des personnages historiques tout en explorant des thèmes et des idées de manière créative.

Ce livre m’a permis d’approfondir certaines connaissances ; tout d’abord j’ai recherché ces mémoires, disponibles dans les archives et consultables en ligne sur Gallica : elles offrent un témoignage précieux sur les conditions de vie difficiles et les épreuves que la famille royale a endurées durant cette période sombre de l'histoire.

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Marie-Antoinette et Louis XVI ont eu quatre enfants :

  • Marie-Thérèse-Charlotte de France (1778-1851) : elle est la fille aînée et la seule survivante de la famille royale après la Révolution française ; elle est souvent surnommée « Madame Royale » ou bien « Mousseline » comme dirait la Reine, sa mère,

  • Louis Joseph de France (1781-1789) : il était le dauphin et successeur désigné du trône, mais il est décédé à l'âge de 7 ans des suites de la tuberculose,

  • Louis XVII de France (1785-1795) : il est devenu le dauphin après la mort de son frère aîné, mais il est décédé en détention à l'âge de 10 ans, dans des conditions particulièrement tragiques,

  • Sophie Hélène Béatrice de France (1786-1787) : elle est décédée en bas âge d'une tuberculose.

Les mémoires de Marie-Thérèse de France couvrent la période de la captivité de la famille royale, du 10 août 1792 jusqu'à la mort de son frère le 9 juin 1795.

Madame Royale a été incarcérée avec ses parents, Louis XVI et Marie-Antoinette, ainsi que son jeune frère Louis-Charles et sa tante Madame Élisabeth, sœur du Roi. Les conditions de détention se sont très vite détériorés, mais la jeune fille, restée seule survivante, fera preuve d’une grande résilience et d’une force de caractère impressionnante.

Puisque le roman d'Alexandra de Broca utilise plusieurs passages des mémoires de Marie-Thérèse de France, j’ai donc décidé de lire les mémoires de cette princesse déchue. (la suite pour les passionnésd’histoire)

3 janv. 2025

La république des faibles de Gwenaël Bulteau


Catégorie 53 : Un premier roman

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L'expression « La République des faibles » renvoie à une société où les plus vulnérables, les opprimés et les marginalisés sont protégés et ont leur place. C'est une sorte d'utopie où la justice et l'équité sont au cœur de l'organisation sociale. Dans le contexte du roman de Gwenaël Bulteau, cette expression souligne les inégalités sociales de l'époque et met en lumière les injustices dont sont victimes les plus faibles de la société.

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1898 : nous somme à Lyon au cœur du quartier de la Croix Rousse, à l'époque de l'affaire Dreyfus. Une enquête policière est ouverte à la découverte, par un chiffonnier, du corps d'un jeune garçon « décapité » et jeté dans la Saône. (lire la suite)